Il y a des défaites qui entrent dans la légende autant que les victoires. La finale de la Coupe d’Europe des clubs champions, perdue face au Bayern Munich le 12 mai 1976 à Hampden Park, est de celles-là. Ce soir funeste, où un tir de Dominique Rocheteau s’est écrasé sur le poteau carré du but adverse, privant les Verts d’un titre continental, a pourtant soudé des générations entières de supporters et ancré Saint-Étienne dans le panthéon du football européen.
À l’approche du cinquantième anniversaire de cette nuit écossaise, l’AS Saint-Étienne ne compte pas laisser passer l’occasion. « On construit le quotidien, mais aussi le patrimoine que l’on a hérité », explique Cédric Chambaz à TL7, directeur général adjoint en charge de la marque du club. « Cette année, il est essentiel de mettre en avant les anciennes gloires et ce cinquantenaire qui a marqué toute une génération. »
Des portraits d’artistes pour raconter les héros de 76
Pour raconter l’épopée sous un angle neuf, le club a noué un partenariat avec l’École supérieure d’art et de design de Saint-Étienne. Des étudiants réaliseront des portraits originaux des joueurs de 1976, une façon de faire dialoguer création contemporaine et mémoire sportive, et d’élargir le cercle bien au-delà des seuls inconditionnels du club. Sur les canaux officiels de l’ASSE, site internet et réseaux sociaux, des contenus dédiés retraceront le parcours de ces joueurs et l’impact de leur aventure sur le football français.
Une ciné-conférence et un hommage au stade
Le calendrier des célébrations s’articule autour de deux temps forts. En mars, une ciné-conférence proposera au public de replonger dans les archives de l’époque, avant un échange avec plusieurs acteurs de la finale. Une soirée pensée comme un pont entre les générations.
Le second rendez-vous sera encore plus chargé d’émotion. À l’occasion du match face à Amiens, programmé à quelques jours du 12 mai, les Verts de 76 fouleront à nouveau la pelouse de Geoffroy-Guichard. Un hommage leur sera rendu avant le coup d’envoi, suivi d’une rencontre ouverte entre les anciens joueurs, l’effectif actuel, les journalistes et les supporters. Les modalités précises restent à affiner, mais l’ambition est claire : faire du week-end du 8 mai un moment de communion collective autour de l’histoire du club.
Debout sur les épaules de géants
Pour la direction du club, ces célébrations ne sont pas un simple exercice de nostalgie. Elles s’inscrivent dans une volonté de relier passé et avenir, de rappeler aux joueurs actuels sur quel socle ils évoluent. « On se tient sur les épaules de géants », résume Cédric Chambaz. « L’important est de respecter cette tradition tout en restant tourné vers l’avenir. »
Les héros de 1976, eux-mêmes, semblent avoir parfaitement compris leur rôle dans cette transmission. Conscients de ne pas vouloir parasiter le projet sportif en cours, ils seraient même prêts à s’effacer si les impératifs de la fin de saison — une montée en Ligue 1, par exemple — devaient primer. « Ils sont très respectueux de l’institution et pleinement solidaires si l’agenda sportif devait primer », confirme le dirigeant. Cinquante ans après les poteaux carrés, la légende verte n’a pas fini de rayonner.


