Leur intervention spontanée a probablement sauvé des vies, notamment celle d’une adolescente qui dormait au rez-de-chaussée. La scène se déroule rue James-Jackson, à hauteur du pont qui enjambe l’Ondaine et le Cotatay. Les ouvriers des entreprises LMtP de Saint-Jean-Bonnefonds et Pyramid du Chambon-Feugerolles travaillent paisiblement sur le chantier d’aménagement des berges lorsque l’impensable se produit.
Un bus de la STAS s’immobilise devant une maison divisée en trois appartements. « Il y avait du trafic, le chauffeur a vu que quelque chose n’allait pas et s’est arrêté », témoigne l’un des employés de LMtP, spécialisée dans l’assainissement.
L’alerte donnée, la situation se dégrade rapidement
Les travailleurs voient rapidement la fumée sortir depuis le moteur du véhicule de transport en commun. Le conducteur réagit efficacement en évacuant et sécurisant la vingtaine de passagers un peu plus loin, pendant que les ouvriers donnent l’alerte aux secours.
Mais en quelques minutes, la situation bascule dramatiquement. « On sentait la chaleur depuis le chantier, en contrebas de la route, et on voyait la porte d’entrée devenir jaune », raconte l’un des témoins directs de cet épisode dramatique.
Une décision héroïque prise dans l’urgence
Face à l’aggravation rapide de l’incendie et au risque imminent de propagation aux habitations, les ouvriers prennent une décision courageuse. « On n’a pas réfléchi, on a fait ça spontanément », explique modestement le conducteur de la pelleteuse qui a mené l’opération de sauvetage.
L’opération de tractage s’avère périlleuse mais techniquement réalisable. « On a eu de la chance qu’il y ait un crochet d’attelage et on a préféré tirer le bus », détaille le pellétiste. Cette chance technique s’accompagne d’une exécution parfaite sous la pression de l’urgence.
« Quand on prend la décision, après ça va vite. Nous avons les bons réflexes », souligne-t-il, révélant une habitude des situations d’urgence acquise dans leur métier : « Dans nos métiers, nous avons souvent des situations difficiles à gérer. On sait mesurer le risque. »
L’intervention des pompiers sur un sinistre maîtrisé
À leur arrivée, les dix-sept sapeurs-pompiers découvrent une situation déjà stabilisée grâce à l’intervention des ouvriers. Ils concentrent leurs efforts sur l’extinction définitive du bus avec deux lances à incendie tout en prenant en charge quatre personnes pour des examens préventifs.
Ces vérifications visent notamment à détecter une éventuelle inhalation de monoxyde de carbone, toutes les personnes contrôlées s’avérant heureusement saines et sauves.
Une adolescente sauvée in extremis
Le moment le plus dramatique de cette histoire concerne Maëlisse, 14 ans, qui dormait dans l’appartement du rez-de-chaussée au moment où les flammes menaçaient directement le bâtiment. Sans l’intervention rapide des ouvriers, les conséquences auraient pu être tragiques.
« Les employés nous ont vus sortir ma fille de deux ans et moi le matin lorsque je l’ai amenée à la crèche. Ils savent qu’il y a une seule entrée et qu’on habite au rez-de-chaussée », explique Audrey, la maman de l’adolescente, soulignant la connaissance du terrain des sauveteurs improvisés.
Des héros modestes mais vigilants
Les ouvriers ont maintenu leur vigilance jusqu’à l’arrivée des secours, informant les pompiers de leurs observations : « On a dit aux pompiers qu’on avait vu du monde partir ce matin mais qu’on ne savait pas s’il y avait quelqu’un ou pas à l’intérieur. »
Cette transmission d’informations s’est révélée cruciale pour orienter les secours vers la vérification de la présence éventuelle d’occupants dans le bâtiment menacé.
La reconnaissance éternelle d’une mère
Audrey ne trouve pas les mots pour exprimer sa gratitude envers ces héros du quotidien : « Ils ont sauvé ma fille ». Cette phrase simple résume toute l’ampleur de leur geste et son impact sur une famille qui aurait pu être endeuillée.
Pour elle, ces ouvriers qui « ne les remerciera sans doute jamais assez » incarnent la solidarité humaine et le courage civique face au danger.
Des risques assumés pour sauver des vies
Un témoin présent sur les lieux avait immédiatement mesuré l’ampleur du courage déployé : « Ils ont pris de gros risques », saluait-il mardi. Cette évaluation objective souligne que ces hommes ont mis leur propre sécurité en second plan pour protéger autrui.
Cette hiérarchisation des priorités, privilégiant la vie d’autrui à leur propre sécurité, illustre parfaitement la notion de courage civique et d’héroïsme du quotidien.
L’efficacité de leur intervention s’explique en partie par leur expérience professionnelle. Ces ouvriers spécialisés dans l’assainissement et les travaux spéciaux sont habitués à gérer des situations complexes et potentiellement dangereuses.


