Depuis dix-huit mois, le service de dermatologie bénéficie de deepLive™, une intelligence artificielle révolutionnaire qui transforme le diagnostic des cancers cutanés en temps réel.
L’histoire entre le CHU stéphanois et Damae Medical ne commence pas aujourd’hui. Dès 2014, le service de dermatologie avait accepté de tester le premier prototype de cette technologie microscopique innovante développée par la start-up parisienne.
Cette collaboration précoce illustre la capacité du CHU à identifier et accompagner les innovations technologiques prometteuses, se positionnant comme partenaire clinique de référence pour les jeunes entreprises du secteur médical.
Une technologie d’imagerie optique révolutionnaire
L’invention du professeur Arnaud Dubois, cofondateur et directeur scientifique de Damae Medical, repose sur une technique d’imagerie optique particulièrement sophistiquée. Cette méthode utilise des ondes lumineuses pour visualiser les tissus cutanés à l’échelle cellulaire.
La dernière innovation de Damae Medical, deepLive™, constitue une avancée majeure dans le domaine de l’imagerie dermatologique. Cette intelligence artificielle, marquée CE, représente la première solution de diagnostic en temps réel spécifiquement conçue pour la dermatologie.
Cette certification européenne garantit la conformité aux exigences de sécurité et d’efficacité les plus strictes, autorisant son utilisation clinique dans tous les pays de l’Union européenne.
Une évolution progressive des capacités diagnostiques
Jean-Luc Perrot, chef du service de dermatologie du CHU, retrace l’évolution de ces outils d’intelligence artificielle. « Les premiers outils d’IA qui ont été développés permettaient de caractériser l’épaisseur de l’épiderme, du derme, ses caractéristiques », explique-t-il.
Cette première génération offrait déjà des mesures objectives précieuses : identification de la taille et forme des noyaux cellulaires, évaluation du vieillissement cutané, détection précoce d’évolutions cancéreuses et caractérisation de l’agressivité tumorale.
La révolution actuelle réside dans la capacité de l’IA à distinguer instantanément les lésions bénignes des formations malignes. Cette fonctionnalité transforme radicalement la pratique dermatologique en permettant des diagnostics immédiats et fiables.
« La vraie révolution, c’est cette aide au diagnostic pour des carcinomes basocellulaires », confirme le Pr Perrot, soulignant l’impact particulier sur la forme la plus courante de cancer cutané.
15 000 à 18 000 cas traités annuellement
L’ampleur de l’enjeu se mesure aux chiffres impressionnants du service stéphanois : entre 15 000 et 18 000 cas de cancers cutanés traités chaque année. Cette volumétrie exceptionnelle place l’établissement parmi les centres de référence français en dermatologie oncologique.
« J’en diagnostique cinq à huit par consultation », précise le dermatologue, illustrant la fréquence quotidienne de ces pathologies dans sa pratique clinique.
Traditionnellement, la confirmation diagnostique nécessitait une biopsie invasive pour s’assurer de la nature exacte du cancer détecté. Cette procédure, bien que nécessaire, générait stress pour le patient et délais dans la prise en charge thérapeutique.
Désormais, la « biopsie optique » permise par l’IA élimine cette étape invasive, accélérant considérablement le parcours de soins et permettant des interventions dans de brefs délais.
Cas clinique révélateur de l’efficacité
Le Pr Perrot illustre l’apport diagnostique par un cas concret : « J’ai eu en consultation un patient qui présentait une tumeur noire du cuir chevelu. La dermatoscopie magnifiée nous orientait vers un diagnostic de mélanome. »
L’IA a permis d’identifier correctement « une forme très particulière de carcinome basocellulaire pigmenté », évitant ainsi une erreur diagnostique potentiellement lourde de conséquences thérapeutiques.
Au-delà du diagnostic initial, l’intelligence artificielle assiste également les chirurgiens pendant les interventions. Cette guidance permet de sécuriser les marges d’exérèse, particulièrement crucial pour les patients à risque présentant des tumeurs mal délimitées, récidivantes ou agressives.
La fiabilité de deepLive™ repose sur un apprentissage machine nourri par plus de 600 000 images collectées dans cinq pays différents. Cette base de données internationale garantit la représentativité de l’algorithme face à la diversité des patients.
Développements futurs prometteurs
Damae Medical ne s’arrête pas à cette première réussite et développe actuellement d’autres outils d’intelligence artificielle, notamment pour le diagnostic du mélanome. Ces futures innovations bénéficieront une nouvelle fois au service de dermatologie du CHU.
Cette pipeline d’innovations assure la continuité du partenariat et positionne Saint-Étienne comme centre pilote pour l’évaluation des technologies dermatologiques de demain.
Saint-Étienne, vitrine de l’innovation médicale
L’intégration de l’intelligence artificielle dans le diagnostic dermatologique représente une révolution majeure qui transforme déjà la prise en charge des cancers cutanés. Saint-Étienne, par son partenariat pionnier avec Damae Medical, écrit les premières pages de cette nouvelle ère médicale. Cette évolution technologique promet une amélioration significative du pronostic des patients grâce à des diagnostics plus précoces, plus précis et moins invasifs, ouvrant la voie à une médecine personnalisée de haute précision.


