woman buying meat at the butcher shop
Une renaissance qui témoigne de la détermination d’un jeune commerçant et de la solidarité exceptionnelle des Ripagériens. Le 17 octobre 2024 restera gravé dans les mémoires ripagériennes. Les pluies torrentielles transforment le Gier en torrent furieux, dévastant la ville et ses commerces. Pour Marc D’Ambrosio, installé depuis 2017 dans son commerce de la rue de la République, c’est l’anéantissement de huit années de travail.
L’eau envahit tout : « Nous avons eu environ 60 cm d’eau dans le magasin et 10 cm dans le labo« , annonce t’il à nos confrères du Progrès. Le pire reste à découvrir : « Le gros problème a été pour les moteurs de nos matériels qui se trouvaient tous être installés dans la cave. » Banque frigorifique, équipements, stock… tout disparaît dans cette nuit apocalyptique.
Pour ce boucher qui avait repris l’affaire à seulement 24 ans, le choc est total. Des années d’investissement et de passion rayées de la carte en quelques heures.
Une solidarité qui réchaffe les cœurs
Dans l’adversité surgit le meilleur de l’humanité. Dès le lendemain du déluge, Rive-de-Gier montre son visage le plus noble. « Les Ripagériens ont été extraordinaires« , témoigne Marc avec émotion. « J’avais des amis, de la famille mais aussi des gens que je ne connaissais pas qui se sont relayés. Parfois, nous étions une quinzaine à tout nettoyer.«
Cette chaîne de solidarité spontanée illustre parfaitement l’esprit de cette ville meurtrie mais debout. Voisins, clients fidèles et inconnus bienveillants unissent leurs forces pour aider un commerçant de proximité à surmonter l’épreuve.
Le calvaire administratif des sinistrés
Mais nettoyer ne suffit pas. Commence alors le parcours du combattant face aux assurances, un labyrinthe bureaucratique que connaissent bien tous les sinistrés. « Il y a moins de deux mois, j’ai pu attaquer les travaux« , confie Marc, illustrant la lenteur des procédures.
La situation devient critique : « N’ayant pas droit au chômage, j’ai dû travailler ailleurs en attendant, car les crédits tombaient toujours. » Une double peine pour cet entrepreneur qui doit jongler entre survie économique et reconstruction de son outil de travail.
Renaissance et impatience partagée
Neuf mois plus tard, le bout du tunnel apparaît enfin. Mardi prochain, la Boucherie de la Boire rouvrira ses portes, flambant neuve et prête à retrouver sa clientèle fidèle. Installé devant sa vitrine, Marc observe encore les travaux de voirie qui nécessitent la fermeture complète de la rue de la République.
Mais l’optimisme est de retour ! Les habitants du quartier le saluent chaleureusement : « Vous ouvrez quand ? » demande un voisin ravi. « Je suis un client fidèle, je venais chaque semaine« , poursuit-il, témoignant de l’attachement local à ce commerce de proximité.
Les défis de la relance
La route vers la normalisation reste semée d’embûches. Marc sait qu’il devra faire preuve de patience pour reconstituer sa clientèle. Les travaux pharaoniques de la rue avaient déjà impacté sa fréquentation avant même les inondations, créant un contexte doublement difficile.
Heureusement, deux places de stationnement minute seront réintégrées à l’espace public une fois les travaux terminés, facilitant l’accès à sa boutique. Un détail crucial pour un commerce alimentaire de proximité.
L’espoir au rendez-vous
Aux côtés de sa maman, salariée de l’entreprise familiale, Marc peaufine les derniers préparatifs avec une impatience communicative. « Nous avons vraiment hâte de retrouver notre clientèle, on a des gens qui tapent à la porte depuis qu’on a commencé les travaux« , confie-t-il avec un sourire retrouvé.


