Un menuisier de 34 ans a écopé de quatre mois de prison avec sursis probatoire pour des gestes commis lors d’une soirée d’anniversaire le 6 janvier dernier. La magistrate présidente Sabine Kadem n’a pas épargné l’accusé dans ses propos, qualifiant son attitude de « comportement de gros lourdingue » face à des actes qu’elle considère comme inacceptables.
Des gestes banalisés par l’auteur
L’incident s’est déroulé dans un appartement roannais où se tenait une célébration privée. L’homme, sous l’emprise de l’alcool, a d’abord pincé le téton d’un invité lors d’une conversation sur le cinéma au balcon, puis lui a touché les parties intimes dans les toilettes de l’habitation. Face aux enquêteurs, le prévenu a tenté de justifier ses actes en invoquant une pratique qu’il disait courante dans son environnement professionnel. « Je fais ça avec des collègues de travail sur des chantiers », a-t-il expliqué t’il au Progrès, qualifiant ces gestes de « amicaux » et minimisant leur portée.
Une victime particulièrement vulnérable
L’affaire revêt une gravité supplémentaire en raison du profil spécifique de la victime. Me Hugues Roumeau, avocat de cette dernière, a révélé que son client souffre d’autisme, condition qui complique sa compréhension des relations sociales et amplifie l’impact traumatisant de tels comportements.
« Les faits sont d’autant plus graves qu’il ne sait pas gérer les relations sociales et a du mal à comprendre », a souligné l’avocat, précisant que la victime et l’agresseur ne se connaissaient pas avant cette soirée. Les conséquences psychologiques ont nécessité la mise en place d’un suivi thérapeutique.
La défense, assurée par Me Laure Picard, avait sollicité la relaxe de son client, arguant de l’absence d’intention sexuelle caractérisée dans ses gestes. L’avocate s’appuyait sur la dénégation de son client concernant toute connotation sexuelle de ses actes.
Cette stratégie n’a pas porté ses fruits. La présidente du tribunal a tranché en rappelant qu’il existait « une volonté de toucher une personne sur une zone sexuelle », élément suffisant pour caractériser l’infraction.
Les conséquences judiciaires
Outre la peine de prison avec sursis probatoire de 18 mois, la condamnation s’accompagne de plusieurs obligations. L’homme devra notamment suivre un traitement pour son problème d’alcoolisme, facteur reconnu comme aggravant dans cette affaire.
L’inscription automatique au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS) constitue une autre conséquence durable de cette condamnation. Le tribunal a également accordé 700 euros de dommages-intérêts à la victime pour réparer le préjudice moral subi.


