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L’aventure entrepreneuriale commence en 1981, année de leur union, par la reprise de l’enseigne familiale Ramousse Chausseur, boulevard Alexandre-de-Fraissinette dans le quartier de la Métare. Ce commerce, fondé en 1963 par les beaux-parents de Michel, constitue le tremplin de leur future réussite commerciale dans l’univers de la chaussure stéphanoise.
L’expansion stratégique vers Carnot et Michelet
L’expansion suit rapidement avec l’ouverture d' »Au Pied à l’aise » place Carnot en 1984, puis l’installation de Mephisto au 4 rue Michelet deux années plus tard. Michel Kizirian, fort de son intuition commerciale, mise sur le potentiel de cette artère : « À l’époque, les rues très commerçantes étaient la rue de la Ville et la rue de la République, mais j’ai immédiatement perçu les possibilités de la rue Michelet. » raconte les propriétaires au journaliste du Progrès.
Un empire commercial de six boutiques
L’audace du couple atteint son apogée dans les années 1990 avec l’acquisition de Confort Mey au numéro 16 (1990) et la création de JB Martin au numéro 9 (1992). « On n’avait peur de rien ! », se remémorent-ils avec amusement. Parallèlement à leurs cinq magasins stéphanois, ils gèrent une sixième boutique à Dijon, démontrant leur capacité d’expansion géographique.
Une polyvalence entrepreneuriale remarquable
Michel Kizirian, ancien cuisinier formé à la réputée Poularde de Montrond-les-Bains, diversifie ses activités en créant en 1980 une entreprise de fabrication de sabots et galoches, revendue quelques années plus tard. Cette polyvalence témoigne d’un esprit entrepreneurial sans limites et d’une capacité d’adaptation remarquable.
Une transmission difficile dans un marché transformé
La cession de leur dernière enseigne à un entrepreneur saône-et-loirien possédant déjà treize boutiques s’effectue dans des conditions financières modestes. « On l’a cédé pour presque rien », confie Michel Kizirian au Progrès. « C’est terminé, l’époque où les commerçants finançaient leur retraite grâce à la vente de leur fonds de commerce. »
Contrairement aux difficultés généralement évoquées du commerce de centre-ville, l’activité des Kizirian demeurait florissante. « Les affaires marchaient plutôt bien pour nous », affirme Michel. « Notre chiffre d’affaires progressait même, peut-être grâce aux fermetures de concurrents et à la dynamique créée par la présence de trois chausseurs dans la rue. »
Une clientèle fidèle venue de loin
Corinne Kizirian souligne l’attractivité de Saint-Étienne pour une clientèle lyonnaise et des Monts du Lyonnais : « Nos clients appréciaient venir faire leurs achats ici car les prix sont plus abordables et les commerçants plus chaleureux. » Cette fidélité géographique témoigne de la qualité de service développée par le couple.
Au-delà de son activité commerciale, Michel Kizirian s’investit dans l’association Michelet cœur de ville, créée il y a deux ans pour dynamiser l’artère commerçante. Sa présidence, désormais transmise à Thierry Stentzel du studio Stenpicture, illustre son attachement au développement collectif du quartier.
Des souvenirs empreints de nostalgie
« Franchement, c’était quotidiennement du bonheur », résume le couple. « Ce qui nous manquera le plus, ce sont les relations clientèle et la bonne entente avec les autres commerçants de la rue. » Cette conclusion chaleureuse témoigne d’une carrière épanouie malgré les défis du secteur.


