Après la condamnation de la présidente de l’association Cœur sur pattes pour vol de l’animal, c’est désormais sa propriétaire qui a été reconnue coupable de maltraitance par le tribunal de Saint-Étienne. Elle a aussitôt annoncé son intention de faire appel.
une histoire qui débute dans un local poubelle
Le 9 avril 2023, Diane Gouhier, présidente de l’association genilacoise Cœur sur pattes, découvre la chienne Riya dans un état alarmant dans un local poubelle à La Fouillouse. L’animal souffre d’une déshydratation sévère, d’anémie, de graves blessures internes et d’un prolapsus de l’appareil utérin. Après avoir tenté en vain de joindre la propriétaire, la présidente de l’association conduit l’animal en urgence chez un vétérinaire.
La propriétaire finit par se présenter chez le vétérinaire, mais ne trouve personne sur place. Elle dépose alors plainte pour vol, tandis que Cœur sur pattes, qui a déboursé 7 000 euros pour les soins de la chienne avant de la placer dans une famille d’accueil, porte plainte pour maltraitance.
Une bataille judiciaire aux rebondissements multiples
Ce dossier a déjà donné lieu à plusieurs décisions de justice. Diane Gouhier a été condamnée en première instance puis par la cour d’appel de Lyon le 18 novembre 2025 à une amende de 3 000 euros et à restituer la chienne, décision à laquelle elle s’est opposée en se pourvoyant en cassation.
Le 23 janvier 2026, c’était au tour de la propriétaire d’être jugée pour maltraitance et sévices, sur citation directe de Cœur sur pattes. Lors de l’audience, elle a fermement contesté les accusations, expliquant notamment que Riya s’était enfuie après que son fils aurait laissé une porte ouverte, et qu’elle se trouvait au chevet de son père victime d’un AVC lorsque l’association l’a contactée. Elle a également réfuté toute pratique d’élevage clandestin, évoquant seulement trois portées enregistrées.
L’avocate de Cœur sur pattes, Mᵉ Corinne Béal-Cizeron, a rappelé à nos confrères du Progrès, que la chienne était restée sans soins pendant dix-neuf heures alors qu’elle était grièvement blessée. « Sans l’intervention de Diane Gouhier, sa chienne serait morte quand elle rentrait. L’association a sauvé la vie de Riya et au lieu de demander combien elle doit, elle dépose plainte pour vol », a-t-elle souligné, réclamant que la chienne soit définitivement confiée à l’association.
La défense a de son côté plaidé l’absence de tout élément matériel ou intentionnel caractérisant une maltraitance, arguant que la plainte initiale avait d’ailleurs été classée sans suite après enquête. « Il n’y a ni élevage clandestin, ni maltraitance », a affirmé Mᵉ Youcef Idchar.
une condamnation partielle assortie d’une confiscation
Le délibéré rendu ce lundi 16 février apporte une réponse nuancée. Si la propriétaire est relaxée sur le volet des sévices, elle est en revanche condamnée pour maltraitance et devra s’acquitter d’une amende de 1 000 euros avec sursis.
Plus significatif encore, le tribunal ordonne la confiscation de Riya et sa remise immédiate à l’association Cœur sur pattes, avec exécution provisoire. La propriétaire devra également rembourser près de 6 000 euros de frais vétérinaires et verser 800 euros de dommages et intérêts à l’association.
Cinq autres organisations de protection animale qui s’étaient portées parties civiles obtiennent également réparation : la SPA percevra 600 euros, tandis que Youcare, PR76, Spaga et AFA recevront chacune 200 euros.
À l’issue du délibéré, la défense a immédiatement annoncé un appel de l’ensemble de la décision, laissant présager de nouveaux développements judiciaires dans cette affaire qui n’en finit pas de rebondir.


