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Il a fallu attendre 2026 pour que l’association de quartier retrouve enfin une raison de convoquer ses adhérents. L’année précédente, la réunion annuelle avait été purement et simplement abandonnée, faute de nouveautés à annoncer. Cette fois, les conseillers départementaux Danièle Cinieri et Julien Luya avaient fait le déplacement, accompagnés de Jérémie Lacroix, vice-président du département en charge des routes.
La présence des élus n’a pourtant pas suffi à dissiper le malaise. Dès l’ouverture des débats, le coprésident Daniel Cartier a posé les choses clairement : le projet de déviation par le vallon de l’Échapre traîne depuis les années 1970, et les promesses faites en 2021, travaux lancés dès 2025, ne se sont jamais concrétisées.
L’argent, le nerf de la guerre
Une question a rapidement dominé les échanges : le sort des deux millions d’euros promis par l’exécutif régional de l’époque pour financer les premières phases du projet. Les élus présents n’ont pas apporté de réponse claire, Julien Luya préférant mettre en avant les difficultés budgétaires actuelles du département, qui contraignent à étaler les dépenses dans le temps. Les études réglementaires se poursuivent, mais à un rythme ralenti.
Jérémie Lacroix a rappelé que ce dossier ne dépend pas d’un seul décideur. La déviation s’inscrit dans un ensemble plus vaste, notamment lié au futur échangeur de la Croix-Bleue, dont les études viennent tout juste d’être bouclées. Quant au déplacement de l’aire d’accueil des gens du voyage, obstacle incontournable du tracé envisagé, aucune solution de remplacement n’a été identifiée à ce stade.
Des familles à bout de nerfs
Pendant ce temps, le quotidien des riverains reste inchangé. Le boulevard supporte un flux de circulation en hausse constante, avec une proportion croissante de poids lourds, de camions forestiers et de convois de matières dangereuses. Les habitants dénoncent une détérioration continue de leur qualité de vie : air vicié, bruit permanent, sentiment d’insécurité. Ils s’inquiètent tout particulièrement pour les écoliers qui fréquentent l’école primaire du quartier, dont l’entrée donne sur cet axe saturé où les excès de vitesse sont monnaie courante. L’exaspération des familles du boulevard est palpable, et le sentiment qui domine est celui d’une volonté politique aujourd’hui absente, là où autrefois c’était l’argent qui manquait.
Radars plutôt que déviation : la proposition qui a choqué
Pour tenter d’apporter une réponse concrète à court terme, Jérémie Lacroix a suggéré d’adresser un courrier collectif à la Préfecture pour réclamer l’installation d’un dispositif de contrôle de vitesse sur la RD500. La proposition a fait l’effet d’une douche froide. Pour une partie de la salle, mesurer la vitesse des camions ne règle en rien le problème de fond, et pourrait même servir de prétexte pour repousser indéfiniment la véritable solution. Marc Petit a dénoncé cette piste comme une manière détournée d’enterrer la déviation, rappelant avec amertume les engagements pris en 2021 et pointant une inaction qu’il perçoit également au niveau de la municipalité.
Des candidats aux prochaines élections déjà positionnés
La soirée a aussi pris une coloration pré-électorale. Anne-Sophie Putot a plaidé pour davantage de transparence vis-à-vis des riverains, jugeant les retours d’information insuffisants. Elle a soutenu l’idée de radars de tronçon comme outil permettant d’objectiver la dangerosité du site, tout en reconnaissant leurs effets pervers potentiels pour les habitants. Ali Ortaoren a quant à lui convoqué la mémoire collective, rappelant que ce projet le suit depuis l’enfance, et s’est engagé, en cas de victoire aux prochaines élections, à en faire une priorité.
La réunion s’est terminée sans annonce décisive. Les études continuent, les obstacles s’accumulent, et les riverains du boulevard Fayol repartent avec, pour seul horizon, la perspective d’une nouvelle assemblée générale.


