Le chiffre est vertigineux. Les dépenses sociales du Département atteindront 567 millions d’euros en 2026, soit une hausse de 23 % par rapport aux années précédentes. Elles représentent déjà les trois quarts du budget total, laissant peu de latitude pour le reste. Georges Ziegler estime qu’il faut trouver 100 millions supplémentaires pour boucler ce seul volet, dans un département marqué par une proportion élevée de personnes âgées, de foyers modestes et d’allocataires du RSA.
La comparaison avec d’autres territoires est éloquente. La Haute-Savoie, département de taille similaire, dispose d’un budget global de 1,61 milliard d’euros contre 950 millions pour la Loire. Une fois les dépenses sociales déduites, la Haute-Savoie conserve un milliard à investir ; la Loire, seulement 350 millions. Face à ce déséquilibre structurel, Georges Ziegler a écrit directement à Emmanuel Macron pour réclamer la restitution d’un impôt direct qui redonnerait au Département des ressources propres.
Les centres sociaux absorbent une partie des coupes
Dans ce contexte, le Département a décidé de réduire ses subventions aux centres sociaux, tout en soulignant que sa participation, établie à 5,8 % de leur budget, dépasse largement ce que pratiquent les départements voisins, comme l’Isère ou le Rhône où elle oscille autour de 0,5 à 0,7 %.
Sur le terrain, ces réductions ont des conséquences immédiates. Le centre social Espace Boris Vian, à Saint-Étienne, voit ses financements amputés de plus de 51 000 euros au total, touchant ses actions jeunesse, parentalité et accompagnement des bénéficiaires du RSA. Des licenciements économiques sont déjà engagés et plusieurs services menacent de fermer, dont l’accueil des enfants pendant les vacances scolaires et un lieu d’accueil parents-enfants. Une pétition a été lancée pour alerter sur la situation de la structure.
Chalmazel et les autres renoncements
Parmi les décisions les plus symboliques figure l’arrêt de la station de ski de Chalmazel, dont le télésiège pourrait être mis en vente. Une mesure qui illustre la brutalité des arbitrages dans les domaines non obligatoires, seuls secteurs où le Département dispose d’une véritable marge de manœuvre. Routes, collèges, action sociale : ces compétences contraintes ne peuvent faire l’objet d’économies, ce qui concentre la pression sur tout le reste.
Le Département a lui-même mis en ligne une pétition pour alerter l’opinion sur sa situation, une démarche inhabituelle qui témoigne de l’ampleur des difficultés et de la volonté de Georges Ziegler de porter ce débat au-delà des cercles institutionnels.


