©Burger King
C’était le 1er décembre 2018, acte III du mouvement des gilets jaunes. Sur les Champs-Élysées, l’air était devenu irrespirable à cause des gaz lacrymogènes. Plusieurs manifestants s’étaient alors mis à l’abri dans un Burger King de l’avenue. C’est là que des membres de la CRS 43, basée à Chalon-sur-Saône, sont intervenus. Selon la décision rendue le 17 mars 2026, les personnes présentes dans l’établissement adoptaient un comportement pacifique au moment des faits. Le tribunal a conclu que le recours à la force ne répondait ni aux critères de nécessité ni à ceux de proportionnalité.
Neuf fonctionnaires reconnus coupables
Les neuf policiers ont été condamnés à des peines allant de six à vingt-quatre mois de prison avec sursis pour violences volontaires aggravées. Le tribunal a néanmoins décidé que ces condamnations ne figureraient pas à leur casier judiciaire. Quatre personnes se sont constituées parties civiles, et les enquêteurs ont par ailleurs recensé seize autres victimes non identifiées. Sur la question des indemnisations, le tribunal s’est déclaré incompétent, estimant que les fautes commises n’étaient pas détachables du service. Le volet indemnitaire devra être tranché par la juridiction administrative.
Une victime du Roannais au cœur du dossier
Parmi les victimes, le cas de Natan a particulièrement retenu l’attention tout au long de la procédure. Âgé de 26 ans au moment des faits, ce jeune homme originaire de Saint-Romain-la-Motte, près de Roanne, aurait reçu 27 coups de matraque lors de l’intervention. Son témoignage a contribué à documenter la réalité des violences subies ce soir-là dans l’établissement.


