Les chiffres sont éloquents. En 2020, le taux de taxe foncière appliqué à Saint-Étienne s’établissait à 22,99 %. En 2025, il atteignait 44,68 %, soit une hausse de 94,35 % en l’espace d’un seul mandat municipal. Selon le comparateur ORKA.tax, qui a compilé les données ville par ville sur l’ensemble des 30 plus grandes agglomérations françaises, Saint-Étienne se classe 9ᵉ au niveau national pour l’ampleur de cette progression. La moyenne nationale sur ce même périmètre s’établit à 81 % d’augmentation en cinq ans, Saint-Étienne dépasse donc largement ce seuil déjà préoccupant.
Trois mensualités de crédit en plus
L’impact sur le portefeuille des propriétaires stéphanois est particulièrement lourd. Une étude du courtier Meilleurtaux, publiée en juillet 2025, a mesuré le poids de la taxe foncière en équivalent mensualités de crédit immobilier. Résultat : dans 23 des 32 plus grandes villes de France, cet impôt représente au moins une mensualité supplémentaire par an. À Saint-Étienne, ce chiffre monte à trois mensualités, l’un des ratios les plus élevés du pays.
Un impôt devenu enjeu électoral
La fondatrice d’ORKA.tax, avocate fiscaliste, souligne que ces évolutions sont le résultat de décisions politiques assumées par les élus locaux, confrontés à des contraintes budgétaires croissantes. Dans ce contexte, la taxe foncière s’est naturellement imposée comme l’un des thèmes centraux de la campagne municipale stéphanoise, les candidats au second tour étant attendus sur leurs engagements concernant cet impôt que les propriétaires jugent désormais difficilement supportable.


