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Le même jour, de retour en cellule, les appels reprennent. Entre 59 et 177 selon les versions, la précision du chiffre importe peu : pendant deux semaines, jusqu’au 23 janvier, messages vocaux et écrits s’accumulent, souvent insultants, parfois menaçants.
Une défense qui s’effondre à la barre
Présenté en comparution immédiate ce vendredi 27 mars devant le tribunal de Roanne, le trentenaire de 37 ans tente d’abord de minimiser sa responsabilité. Il reconnaît quelques messages, affirme avoir ensuite jeté la carte SIM par la fenêtre, rendant selon lui toute attribution impossible. Mais les magistrats démontent méthodiquement cette version. La voix entendue dans les messages vocaux est la sienne. L’auteur des appels évoque le prénom de son fils et des affaires personnelles à récupérer. Surtout, le numéro utilisé est identique à celui avec lequel il contactait sa nouvelle compagne durant la même période. Acculé par les questions du président d’audience et du procureur, le prévenu finit par admettre ne plus pouvoir nier ni confirmer quoi que ce soit.
Une victime à bout de forces
Du côté de la partie civile, l’avocate de l’ex-compagne a brossé le tableau d’une femme épuisée, rongée par l’angoisse permanente de savoir son harceleur emprisonné mais toujours actif. Chaque jour qui passe est marqué par la peur de ce qui surviendra à sa libération. Elle espère que cette audience sera la dernière, que le silence s’installera enfin durablement dans sa vie.
25 condamnations et une valise pour tout bagage
Romain Beaulieu présente un casier judiciaire particulièrement chargé, avec 25 peines inscrites qui le maintiennent derrière les barreaux jusqu’en décembre 2031. Il explique un parcours de vie chaotique, entre foyers et familles d’accueil, ponctué de condamnations successives et de longues périodes d’incarcération. Une trajectoire qui ne lui laisse entrevoir aucune perspective d’avenir, résumée par lui-même avec une formule glaçante : sa musique et son linge tiennent dans une valise, et c’est tout ce qu’il lui reste.
Le procureur, cherchant une peine cohérente avec le contexte, a requis 12 mois de prison ferme supplémentaires. Les juges ont suivi. Avec cette nouvelle condamnation, la victime devrait être à l’abri jusqu’en 2032. Du moins l’espère-t-elle.


