C’est dans la salle intimiste du Solar, d’ordinaire temple du jazz, que la soirée a pris son élan. Le public, familles, habitués, curieux de tous âges, a retrouvé avec plaisir cette atmosphère chaleureuse qui fait la réputation du festival depuis ses premières éditions.
Steve Ibrahim a ouvert le bal avec une douceur désarmante. Guitare acoustique et batteur en fond, il a traversé son premier EP L’Oiseau bleu comme on feuillette un journal intime. Sa voix, tantôt souffle, tantôt caresse, a convoqué l’enfance, la foi, les voyages, des fragments de vie cousus ensemble sur un folk délicat ponctué de voix off enregistrées. Pudique et sincère, il a offert bien plus qu’un concert.
Juliette Magnevasoa lui a succédé avec une grâce toute particulière. Seule à la guitare, cette artiste de 28 ans née à Madagascar et longtemps ancrée au Pays basque tisse une musique qui réconcilie ses terres d’origine et d’adoption. Sa voix, pure et cristalline, a chanté l’adoption, l’orphelinat, les petites complicités du quotidien. Une ovation méritée pour ce moment qui tenait davantage du rassemblement poétique que du simple spectacle. Son album Les routines, paru en 2025, en est le prolongement naturel.
Le Panassa prend le relais
Deux heures plus tard, le festival changeait de registre et de décor. Gildaa a ouvert la soirée au Panassa dans un tourbillon créatif difficile à cataloguer. Camille Constantin Da Silva, son vrai nom, convoque les influences brésiliennes, le théâtre, l’électronique et une puissance vocale rare pour construire un univers dense et fascinant. Il faut accepter d’être bousculé pour y entrer pleinement, mais l’alchimie finit toujours par opérer. Une artiste résolument singulière.
Vincent Delerm a clos la soirée avec la sobriété et l’élégance qui le caractérisent. Seul au piano, il a présenté Fresque, son huitième album studio, en laissant les images, captées par lui-même, dialoguer avec les chansons sur grand écran. Un concert autant visuel que musical, où les souvenirs collectifs et personnels se mêlent dans un silence complice. Le public, acquis de longue date, s’est installé dans cet univers mémoriel comme dans un lieu familier.
La 35e édition est lancée. Et elle tient toutes ses promesses.


