Les faits remontent au 16 mai 2025. Dans un bar du centre-ville stéphanois, un client est venu régler une ancienne dette envers une employée de l’établissement. La situation dégénère rapidement. Le serveur, quadragénaire au tempérament bien connu des services judiciaires, perd le contrôle et s’en prend physiquement au client à coups de poings et de pieds, à l’intérieur même du bar.
Le certificat médical dresse un tableau glaçant : fracture de l’épaule gauche, fracture du nez, traumatisme crânien, paupière ouverte, contusions cervicales et thoraciques, multiples ecchymoses crâniennes. Le médecin a délivré vingt et un jours d’incapacité temporaire totale à la victime. Vingt et un jours que le procureur de la République Aurélien Buffart a comparés au passage d’un bus, une image qui résume à elle seule la brutalité du geste.
Traîné jusqu’à un distributeur, poursuivi jusqu’au kebab
Après le passage à tabac, la victime aurait été conduite jusqu’à un distributeur automatique pour retirer cinquante euros avant de parvenir à se réfugier dans un kebab voisin pour appeler la police. Le prévenu, lui, s’y serait également rendu peu après — officiellement pour manger. Une coïncidence que le procureur a balayée sans ménagement, estimant que le serveur était allé y poursuivre sa victime.
À la barre, le quadragénaire a tenté de minimiser les faits, évoquant une simple bagarre et se défendant de se considérer comme quelqu’un de violent. Son casier judiciaire, lui, racontait une tout autre histoire : trente-deux mentions avant cette audience, dont au moins six relatives à des faits de violence. La présidente du tribunal Lauren Payet l’a interrogé sur sa capacité à s’arrêter. Sa réponse — l’absence de réponse — en disait long.
Le parquet avait requis six mois ferme. Le tribunal a finalement prononcé une peine de douze mois de prison, aménagée en semi-liberté, inscrivant une trente-troisième mention à ce casier judiciaire déjà chargé.


