Le chiffre a fait l’effet d’une bombe dans les rangs de l’opposition firminyoise. Depuis le conseil municipal du 10 avril, l’indemnité de fonction de Marc Petit est fixée à 2 634,84 euros mensuels, soit plus du double de celle perçue par son prédécesseur Julien Luya, qui touchait 1 315 euros. Les deux principaux groupes d’opposition, Firm’Unis et Union pour Firminy, ont dénoncé une hausse qu’ils jugent contraire à l’intérêt général, d’autant plus mal venue au regard des promesses de campagne du maire sur le pouvoir d’achat des Firminyois.
La réponse du maire : une compensation, pas une augmentation
Marc Petit ne fuit pas le débat, mais il en conteste le cadre. Professeur de formation, il a réduit son activité enseignante depuis son élection et s’apprête à passer à un quart de temps en juin, pour se consacrer quasi exclusivement à la mairie. Même à 2 634 euros, son indemnité de maire reste inférieure à son dernier salaire d’enseignant à temps plein, qui atteignait 3 700 euros. Pour sa famille, cumuler une présence quotidienne en mairie, y compris les week-ends et jours fériés, avec une perte financière nette n’était pas envisageable.
Des négociations sont en cours avec le rectorat pour officialiser un exercice à 25 % de son temps d’enseignement, le reste étant absorbé par la gestion d’une ville de 17 000 habitants, quatrième du département.
Une polémique sur les motivations réelles
L’opposition avance une autre lecture : le doublement de l’indemnité serait la conséquence directe de l’absence de vice-présidence obtenue à Saint-Étienne Métropole, ce mandat intercommunal apportant une rémunération complémentaire. Marc Petit réfute catégoriquement, assurant avoir délibérément renoncé à ce poste pour se concentrer sur Firminy.
Il a choisi de contre-attaquer en rappelant que Julien Luya cumulait, en fin de mandat, ses indemnités de maire, de vice-président de la Métropole et du Département, un total avoisinant les 5 000 euros mensuels. L’ancien maire balaye l’argument, rappelant que ces indemnités intercommunales et départementales sont fixées de manière uniforme et sans marge de manœuvre. La passe d’armes est vive.
Un conseil municipal sous tension ce mardi
Le débat repart de plus belle ce mardi soir à 18h30 en mairie. Parmi la quarantaine de points à l’ordre du jour, c’est le point 18 sur les indemnités des élus qui concentrera les regards : de nouvelles délibérations pourraient faire évoluer les montants actuels.
Le conseil examinera également l’installation de plusieurs commissions, l’attribution de subventions aux associations dont Les Vitrines de Firminy, la nouvelle grille tarifaire de la saison culturelle à venir, ainsi qu’un vœu présenté par Firm’Unis en faveur du maintien du statut de la fonction publique territoriale pour les personnels des structures pour personnes âgées, dans le sillage de la gestion de la Cité des aînés confiée à Aesio depuis janvier 2026.


