La Caisse primaire d’assurance maladie de la Loire a dressé un état des lieux de ses nouveaux services numériques. Le constat de sa directrice santé, Anne Loriau, est sans ambiguïté : les outils existent, ils fonctionnent, et l’enjeu est désormais de les faire adopter. La carte Vitale dématérialisée, disponible sur smartphone, ne vise pas à remplacer la carte plastique mais à la compléter. Elle présente l’avantage d’afficher des droits automatiquement mis à jour, limitant les erreurs administratives et les rejets de dossiers. Mais dans la Loire, seuls 36 000 téléchargements ont été enregistrés sur Android et Apple pour près de 700 000 assurés, un écart considérable que la directrice santé reconnaît volontiers.
L’ordonnance numérique, elle, progresse
Du côté des prescriptions, la dynamique est plus encourageante. La part des ordonnances numériques délivrées par les médecins de premier recours est passée de 30 % à plus de 55 % entre 2025 et 2026. Concrètement, lorsqu’un médecin prescrit, l’ordonnance est enregistrée dans un espace sécurisé et accompagnée d’un QR code remis au patient. Le pharmacien peut ainsi accéder directement à la prescription, même si le document papier a été perdu. Un système qui renforce également la lutte contre la fraude.
La plateforme Mon Espace Santé complète le dispositif en centralisant les informations médicales de chaque assuré : documents de santé, partage avec les professionnels concernés, coordination des parcours. Trois objectifs résument la stratégie de la CPAM : simplifier les démarches, renforcer la coordination entre acteurs de santé et sécuriser les données.
Sur ce dernier point, la directrice santé se veut transparente : aucune garantie absolue d’inviolabilité ne peut être donnée. L’Assurance maladie n’a cependant jamais subi de vol de données provenant directement de ses propres systèmes. La CNIL et la Haute Autorité de santé ont par ailleurs renforcé leur coopération pour encadrer le développement du numérique en santé. Les supports papier resteront maintenus pour préserver l’accès aux soins des personnes éloignées du numérique.


