Si les travaux s’accompagnent habituellement de leur lot de désagréments, ceux-ci sont d’autant plus pénibles que la canicule s’est invitée ces derniers jours. Ce lundi, le thermomètre affiche quelques degrés de moins que la semaine précédente, offrant un répit bienvenu, en particulier pour les habitants des rues Serpente et des Peupliers.
Six bâtiments concernés par la première phase
Ces immeubles font partie du parc d’Habitat et Métropole et figurent, aux côtés de cinq autres bâtiments du secteur de la Corniche et de la rue de la Tour, parmi les structures visées par cette première phase de réhabilitation engagée depuis le début de l’année.
30 degrés dès 9 heures du matin
Vendredi, il était à peine 9 heures lorsque le mercure affichait déjà 30 degrés dans un appartement du rez-de-chaussée de la rue Serpente. Créer un courant d’air efficace s’avère particulièrement compliqué, même la nuit, d’autant que la porte-fenêtre donnant sur la rue de Chanzy reste condamnée depuis la suppression de la loggia, intervenue un mois plus tôt. La chaleur pousse par ailleurs les ouvriers à démarrer leur journée plus tôt.
Un habitant de la rue Serpente confie dormir mal et se retrouver réveillé dès 7 heures par le bruit des travaux sur le toit. Il décrit un sentiment d’énervement et de fatigue, aggravé par la contradiction entre les recommandations à ne pas sortir en raison de la chaleur et l’impossibilité de rester enfermé dans un logement devenu invivable.
Le système D pour pallier le manque de fraîcheur
Le locataire indique disposer de ventilateurs, mais juge leur efficacité insuffisante face à de telles températures. Il pointe également le manque d’efficacité des rideaux fournis par Habitat et Métropole, trop lourds et trop opaques à son goût. Il a donc opté pour des couvertures de survie installées sur les fenêtres, solution plus convaincante mais aujourd’hui difficile à trouver en raison des ruptures de stock. Dans d’autres pièces du logement, des cartons ont été plaqués contre les vitres en guise de protection.
Bien qu’il figure parmi les locataires éligibles à des moments de répit dans des logements climatisés mis à disposition par le bailleur durant la journée, cet habitant explique n’en avoir jamais profité. Il évoque la distance avec ces logements, situés au 2 rue de la Tour, jugée trop importante à parcourir à pied par forte chaleur, ainsi que la difficulté à se garer sur place en cas de déplacement en voiture. Il préfère, pour sa part, profiter de la fraîcheur matinale au parc des Bruneaux, situé en face de son domicile.
Habitat et Métropole reconnaît de nombreuses sollicitations
Loris Flandin, directeur du pôle Développement et transformation du territoire à Habitat et Métropole, reconnaît que la chaleur a généré de nombreuses sollicitations de la part des locataires. Il rappelle qu’aucune période de l’année ne se prête parfaitement à ce type de travaux, les façades ayant été déposées durant l’été, tandis que l’hiver présenterait d’autres inconvénients liés à la déperdition de chaleur.
Le bailleur social indique disposer des coordonnées de l’ensemble des locataires de plus de 60 ans, transmises à l’entreprise GCC en charge des travaux ainsi qu’à sa chargée de relation locataire. Cette dernière gère les demandes et organise le planning d’accès aux logements de répit équipés de climatiseurs. Loris Flandin souligne une collaboration étroite avec GCC, capable de réagir rapidement aux différentes demandes formulées.
Peu de locataires ont finalement utilisé les logements climatisés
Concernant ces logements climatisés, le directeur précise qu’il s’agissait de logements vacants, ce qui a limité les possibilités de choix quant à leur localisation. Il indique avoir reçu de nombreux appels à ce sujet, mais constate que peu de locataires s’y sont finalement rendus, tout en rappelant l’intérêt de cette solution pour soulager l’organisme et offrir une pause dans la journée.
Habitat et Métropole a mis en place plusieurs actions complémentaires. Les échafaudages installés sur les façades sud, à l’exception du bâtiment des Peupliers, seront temporairement maintenus afin de jouer un rôle de protection solaire. Le bailleur équipe également actuellement les logements des rues Serpente et des Peupliers de couvertures de survie, que l’entreprise se chargera de fixer correctement aux fenêtres. Loris Flandin confirme par ailleurs que les portes-fenêtres restent bloquées pour des raisons de sécurité, les loggias et garde-corps ayant été retirés, tout en notant que certains locataires les ouvrent malgré tout. Des garde-corps provisoires seront donc prochainement réinstallés.
Une meilleure isolation à terme
À plus long terme, ces travaux doivent permettre d’améliorer sensiblement l’isolation et le confort thermique des logements, tant pour lutter contre les fortes chaleurs que pour limiter la déperdition d’énergie en hiver. Le directeur évoque notamment l’installation de volets roulants électriques, ainsi qu’un système complet d’isolation des façades et des fenêtres, accompagné d’une ventilation mécanique contrôlée motorisée.


