Avocats et magistrats stéphanois ont dénoncé les propos tenus par le ministre de la Justice Gérald Darmanin et réclamé les moyens nécessaires au bon fonctionnement de l’institution judiciaire. Cette mobilisation intervient à la veille de l’examen, à l’Assemblée nationale, du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le texte doit être étudié en première lecture du mardi 30 juin au vendredi 3 juillet.
Le retrait du plaider-coupable criminel n’apaise pas les critiques
Le retrait de la mesure relative au plaider-coupable criminel, annoncé par Gérald Darmanin au mois de juin, n’a pas suffi à calmer la contestation. Cette disposition, qui devait permettre de juger plus rapidement certains crimes déjà reconnus par leurs auteurs, comptait pourtant parmi les points les plus controversés du texte. Pour les professionnels mobilisés à Saint-Étienne, son abandon ne règle en rien les difficultés de fond soulevées par le projet de loi.
Le Barreau de Saint-Étienne continue de dénoncer plusieurs mesures du texte, parmi lesquelles la prolongation de la détention provisoire, la réduction des délais permettant de faire valoir certaines nullités de procédure, l’affaiblissement de la collégialité et de l’oralité des débats, ainsi que l’extension d’outils d’enquête jugés intrusifs.
Un appel à un investissement massif dans la justice
Au-delà du contenu du texte, avocats et magistrats réclament une réforme plus globale du système judiciaire. Pour eux, la réponse aux difficultés actuelles ne saurait se limiter à une modification des procédures. Ils appellent à un investissement massif dans les moyens humains et matériels, tant pour les juridictions que pour les services chargés des enquêtes.


