Les films de Noël restent traditionnellement l’apanage du cinéma américain, même si le cinéma français s’y aventure parfois. En 2017, Alain Chabat avait marqué les esprits avec « Santa & Cie », comédie ayant réuni près de trois millions de spectateurs dans le monde, dont deux millions en France. Ce succès n’a pourtant pas véritablement ouvert la voie à d’autres projets similaires, alors que certains d’entre eux méritent pourtant davantage d’attention que ce que leur communication ne laisse parfois entrevoir.
C’est notamment le cas du dernier long-métrage de James Huth, réalisateur de « Brice de Nice », dont la bande-annonce, jugée peu convaincante, n’incitait pas particulièrement à découvrir cette histoire d’une fillette harcelée par le fils de la famille la plus fortunée de sa ville, décidant de solliciter l’aide du Père Noël pour se venger.

Une variation hexagonale sur le thème de l’enfance en quête de justice
Le film évoque par certains aspects une version française de « Charlie et la Chocolaterie », mettant en scène une enfant défavorisée cherchant à trouver sa place dans une société qui ne lui en laisse guère. Le scénario, signé par Laurent Tirard, auteur du « Petit Nicolas » disparu depuis, et Benjamin Dupas, connu pour « Exfiltrés », a été retravaillé par James Huth lui-même pour cette adaptation à l’écran.
Le film reprend l’ensemble des codes classiques du cinéma de Noël, tout en centrant son propos sur cette petite fille qui espère simplement que son harceleur cesse de s’en prendre à elle, et qui s’accroche à la magie des fêtes pour trouver une issue à son calvaire. Si l’ensemble peut paraître naïf, il porte un message important à transmettre, en particulier auprès du jeune public, d’autant plus pertinent pendant cette période de l’année où chacun semble vouloir mettre de côté ses soucis quotidiens.

Des influences assumées, entre naïveté et surjeu
On pourra reprocher au film des personnages parfois trop caricaturaux ainsi que des inspirations à peine dissimulées, entre « La Vie est belle » de Frank Capra et « Maman, j’ai raté l’avion » de Chris Columbus. C’est d’ailleurs davantage vers cette seconde référence que le film semble pencher, avec des acteurs qui n’hésitent pas à appuyer le trait et des antagonistes soumis à un enchaînement de mésaventures burlesques.
Malgré ces excès, la mise en scène et le rythme général du film en font un divertissement agréable, trouvant naturellement sa place dans les programmations de Noël. L’ensemble reste toutefois inégal, à l’image d’une scène de la galette des rois qui s’étire inutilement en longueur. Le film n’en laisse pas moins un sourire sincère au générique, preuve qu’il atteint efficacement son public cible.
Disponible uniquement en VOD à partir du 9 avril


