Sur ce créneau précis, les fondateurs expliquent ne pas être nombreux à Saint-Étienne, même si ce concept est déjà porté par quelques autres établissements. Ils précisent qu’il ne s’agit toutefois pas d’une nouvelle brasserie classique, comme beaucoup en ont été créées dans le département et la région : leur production sera exclusivement vendue sur place, servie au bar en pressions, sans aucune mise en bouteilles.
Un concept ramené du Québec
Anne-Marie Curtil est originaire de la Loire, de l’Ondaine plus exactement. Benjamin Bouiller, lui, est Auvergnat. Début 2020, après plusieurs années de périple de l’autre côté de l’Atlantique, notamment au Québec, le couple est revenu s’installer à Saint-Étienne, déjà porteur du projet de créer une microbrasserie via l’association culturelle et musicale Les Rigoles, dans le quartier Crêt-de-Roc. Bien qu’ils restent impliqués dans cette association, le projet leur est désormais exclusif.
Le duo cherche à reproduire à Saint-Étienne ce qu’il a connu avec enthousiasme au Québec, lors d’un séjour de deux ans. Là-bas, les bars qui brassent leur propre bière pour la servir directement à leurs clients sont très courants, y compris pour de la vente à emporter, où l’on vient remplir sa propre bouteille comme on achète sa baguette de pain en France. L’idée de se reconvertir et de devenir leur propre patron avait alors germé parallèlement à leur retour de voyage.

Une répartition des rôles bien définie
Le projet a donc pris la forme d’un bar-microbrasserie à la sauce canadienne, implanté à Saint-Étienne. Benjamin Bouiller, jusque-là ingénieur, a été formé à la production de bière au Canada : c’est donc lui qui est aux manettes côté fabrication de la matière première. Anne-Marie Curtil, elle, s’occupe de la gestion et du service. Le duo a repris un local de 58 m² disponible depuis plusieurs années au 23, rue Louis-Braille, dont le dernier occupant était un magasin d’accessoires d’arts martiaux.
Une fête de la bière fin mai
Anne-Marie Curtil explique que le duo recherchait un lieu qui change des emplacements habituels des bars à Saint-Étienne, comme Jean-Jaurès ou Martyrs-de-Vingré. Elle se dit heureuse de contribuer à animer la vie d’une rue qui, selon elle, va dans le bon sens.
Environ 100 000 euros ont été investis pour acquérir, rénover, équiper et décorer les lieux. Lors du passage de la rédaction mi-avril, les travaux abordaient leur phase finale, avant une ouverture la semaine suivante et une fête inaugurale fixée au jeudi 25 avril. Dans la limite du possible, des animations musicales pourraient être organisées occasionnellement entre ces quatre murs, également ouverts à l’exposition d’artistes locaux. Mais ce sont avant tout des ateliers découverte, de dégustation et de valorisation du process et du produit que L’Ours qui brasse entend mettre en place, à l’image de ce qui se pratique couramment autour du vin, la bière ayant elle aussi ses subtilités et ses variétés infinies selon la provenance et l’utilisation du houblon, du malt, de l’eau ou de la levure.
Des bières épicées, fruitées et une milk stout
La passion de Benjamin Bouiller pour la bière trouve ici sa concrétisation dans un style proche de celui d’Amérique du Nord, mais nettement moins sucré. Il compte notamment travailler des créations épicées et aux fruits, des styles qui ont pourtant souvent mauvaise presse en France. Mais côté saveurs, les gammes « fruitées » des grandes marques industrielles n’auront rien à voir avec ce que promet le micro-brasseur : une bière aux fruits peut être très bonne sans être saturée en sucre, assure-t-il.
Une milk stout, très noire et très café, avec du lactose pour la texture, complètera l’offre. Au total, pour le lancement, cinq pressions produites sur place et deux autres invitées, issues de brasseries locales amies, sont proposées, ainsi qu’une limonade maison.
Vente en vrac et petite restauration
La vente en vrac, comme au Québec, et la petite restauration doivent compléter l’activité, ouverte au public du mardi au samedi, à partir de 16 h 30 et jusqu’à minuit à partir du jeudi. Parallèlement, L’Ours qui brasse et l’Amicale laïque du Crêt-de-Roc co-organiseront une Fête de la Bière le 25 mai, dans les locaux de l’amicale.


