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Sa propriétaire accuse Diane Gouhier, présidente de l’association qui a recueilli l’animal, de l’avoir volé. En retour, celle-ci dénonce des maltraitances envers la chienne. Depuis 2023, les deux femmes se retrouvent tour à tour devant les tribunaux, alternant les statuts de plaignante et de prévenue, tandis que Riya demeure la grande absente de ces multiples audiences.
Une découverte alarmante à l’origine du conflit
Tout commence le 9 avril 2023, lorsque Diane Gouhier est alertée via les réseaux sociaux qu’une chienne se trouve en détresse dans un container à ordures de La Fouillouse. Devant le tribunal de Saint-Étienne le 31 mars 2025, elle décrira un animal prostré, affamé et déshydraté, souffrant d’un prolapsus avec des organes nécrosés, dans un état si critique que les pompiers appelés sur place se seraient déclarés impuissants. Un vétérinaire aurait alors évoqué une détresse aiguë. Diane Gouhier confie ensuite Riya à une famille d’accueil et refuse de la rendre à sa propriétaire, qu’elle soupçonne de maltraitance. Cette dernière porte plainte pour vol et conteste fermement toute négligence, expliquant devant le tribunal que sa chienne avait déjà connu plusieurs épisodes de prolapsus, toujours soignés rapidement, et que l’animal se serait simplement échappé après l’ouverture d’une baie vitrée par son jeune fils. Elle affirme disposer d’un vaste enclos et rejette catégoriquement toute accusation de mauvais traitements. À l’issue de cette audience, la procureure décide de ne pas poursuivre la propriétaire pour maltraitance, tandis que le tribunal reporte sa décision sur le volet du vol au 5 mai.
Un feuilleton judiciaire qui s’étire
Le tribunal accorde alors un nouveau délai, jusqu’au 2 juin, pour permettre à l’association Cœur sur pattes de restituer Riya et ainsi éviter une condamnation. Diane Gouhier refuse catégoriquement et écope d’une sanction de la part du tribunal de Saint-Étienne. Déterminée, elle fait appel. L’affaire est alors portée devant la cour d’appel de Lyon, qui confirme la condamnation : une amende de 3 000 euros assortie du remboursement de 2 000 euros de frais de justice à la propriétaire. En revanche, l’obligation de restituer la chienne est levée. Diane Gouhier forme aussitôt un pourvoi en cassation.
Le procès de la maltraitance
Ce premier chapitre refermé, la présidente de l’association poursuit son combat pour faire reconnaître les mauvais traitements infligés à Riya. Malgré le classement sans suite prononcé par la procureure sur ce point, Cœur sur pattes utilise la voie de la citation directe pour provoquer un nouveau procès. Le 23 janvier 2026, les rôles s’inversent devant le tribunal de Saint-Étienne : c’est désormais la propriétaire qui doit répondre des accusations de maltraitance. Son avocat plaide l’absence totale d’éléments matériels et intentionnels, rappelant que la plainte initiale avait été classée sans suite et que l’incident du 9 avril ne relèverait que d’une simple fugue. Il interroge la qualification même de maltraitance s’agissant d’un problème médical. La défense de l’association rétorque que le véritable reproche porte sur l’absence de surveillance au moment des faits, la chienne étant restée seule et blessée pendant près de dix-neuf heures avant que Diane Gouhier ne soit alertée. Le ministère public s’en remet à l’appréciation du tribunal, qui met sa décision en délibéré. Le 16 février 2026, le verdict tombe et bouleverse la situation : le tribunal reconnaît la propriétaire coupable de maltraitance et prononce une amende de 1 000 euros avec sursis. Il ordonne surtout la confiscation immédiate de Riya au profit de l’association, avec exécution provisoire de la décision.
Une situation judiciaire toujours en suspens
Le dossier reste néanmoins loin d’être clos : le pourvoi en cassation de Diane Gouhier sur le volet du vol est toujours pendant, tout comme l’appel formé par la propriétaire concernant sa condamnation pour maltraitance. Une configuration singulière se dessine ainsi, où la présidente d’une association de protection animale se retrouve condamnée pour vol tout en voyant la maltraitance qu’elle dénonçait officiellement reconnue par la justice. En attendant l’issue de ces procédures, Riya se remet de ses épreuves dans un lieu resté confidentiel. Selon Diane Gouhier, la chienne se porte aujourd’hui bien mieux, tant physiquement que psychologiquement, et aurait retrouvé toute sa vitalité.


