Le 16 juillet 2026, la question a enfin été tranchée : Micromania a annoncé son rachat par un consortium franco-québécois, écartant le scénario redouté d’un démantèlement du réseau. Une nouvelle qui rassure joueurs et salariés locaux (mais pas tous…), alors que le jeu physique s’érode depuis la décision de PlayStation d’abandonner le support disque. Quel avenir pour Micromania ?
Sauvetage ou mutation discrète : ce que redoutent les habitués
Pour les clients fidèles des boutiques stéphanoises comme pour les vendeurs, une interrogation demeure : ce changement de propriétaires protège-t-il vraiment les magasins, ou prépare-t-il une transformation en profondeur du modèle ? Les repreneurs se disent déterminés à conserver l’identité de l’enseigne tout en la faisant basculer vers les cartes, les figurines et la culture pop. Fin des jeux vidéo ?
Mise en vente par GameStop en février 2025, l’enseigne sort enfin d’une longue zone grise qui concernait plus de 300 points de vente et près de 6 millions de clients dans l’Hexagone, quand d’autres pays voyaient leurs boutiques fermer faute d’acquéreur. Le repreneur est un consortium emmené par Stephan Tétrault, Jean-François Chenail ainsi que Sandra et Stephen Callahan. Déjà à la tête d’EB Games Canada, ancienne filiale de GameStop, Stephan Tétrault y a fait grimper les ventes d’environ 75 % grâce au virage vers les produits dérivés et les cartes à collectionner, ramenant 97 % des magasins à la rentabilité en 2025. Une recette que les nouveaux dirigeants comptent transposer à un marché français encore porteur. L’avenir serait aux cartes a jouer pour Micromania.
Les boutiques de Saint-Étienne vont-elles fermer ou se réinventer ?
Le message adressé aux équipes se veut sans ambiguïté : aucun plan de fermeture massif n’est à l’ordre du jour. Les repreneurs entendent s’appuyer sur les vendeurs, présentés comme le principal atout de l’enseigne, et investir dans le réseau plutôt que de le réduire. Une analyse du parc reste toutefois prévue, susceptible de déplacer certains points de vente ou d’agrandir les boutiques jugées trop exiguës, un point à surveiller pour des surfaces stéphanoises comme celle du Centre Deux, régulièrement pointée pour sa petite taille.
Cartes, figurines et animations : les rayons vont changer de visage
Dans les allées, le jeu vidéo pourrait petit a petit disparaitre. Les cartes à collectionner, ou TCG comme Pokémon et Magic, ainsi que les figurines et autres collectibles occuperont davantage d’espace, sur des segments déjà en pleine expansion. Les magasins sont appelés à devenir de véritables lieux de vie, avec tournois, événements et animations autour des licences, et une présence renforcée sur les salons du type Japan Expo.
Un flagship près de Paris comme laboratoire du nouveau modèle
Premier symbole de cette nouvelle ère, un magasin vitrine ouvrira aux portes de Paris en octobre 2026. Pensé comme la démonstration du Micromania de demain, il abritera des espaces TCG dédiés, des corners pop culture, des zones de démonstration et une programmation régulière d’animations, avant de servir de modèle aux autres points de vente.
En parallèle, l’enseigne veut muscler son commerce en ligne, enrichir ses outils numériques, multiplier les produits exclusifs et développer le retail media pour les marques. Face à la montée du tout dématérialisé, la stratégie assumée consiste à miser sur ce que le téléchargement ne peut offrir : la collection et la communauté. Si le précédent canadien se confirme, les boutiques stéphanoises pourraient retrouver leur statut de référence de la pop culture sans passer par la case fermeture.


