Inscrit depuis le mois de novembre sur la liste des monuments historiques, l’édifice fait l’objet de chantiers de rénovation chaque année. Selon le président de l’association, la forteresse, élevée entre le XIIe et le XVIe siècle, répondait avant tout à une nécessité de surveillance du territoire depuis ce point de vue exceptionnel culminant à 927 mètres. Son appellation singulière viendrait de la découpe irrégulière de ses murailles et de ses tours, dressées sur la roche. Il rappelle que les seigneurs de Beaujeu confièrent vers 1130-1140 à Arnoul Raybe l’édification d’une grosse tour ronde, bien loin encore de l’imposante forteresse médiévale qu’elle allait devenir. Le reste des bâtiments fut l’œuvre de Guichard d’Urfé au XIVe siècle. Anne d’Urfé, elle, en demeura la dernière occupante permanente jusqu’à son décès en 1621.
Après la Révolution, les murs transformés en carrière de pierres
Entretenu durant encore un siècle, le château fut ensuite dépecé après la Révolution française, ses pierres servant de matériau de construction aux alentours, précise René Meilland. Il faut attendre 1914 et l’initiative du baron Antoine de Meaux pour qu’une première restauration du donjon soit lancée, sans pour autant enrayer la dégradation de l’ensemble. Le tournant intervient en 1979, avec l’action de l’Association pour la Renaissance d’Urfé. Élisabeth Dieufils souligne que la structure œuvre depuis quarante-sept ans, avec passion, à la sauvegarde et à l’entretien des vestiges et de leurs abords, dans l’objectif de les rendre accessibles au plus grand nombre. Dès les beaux jours, les visiteurs sont reçus à l’estaminet, tandis que des rendez-vous fédérateurs comme la fête du pain rythment la saison, aux côtés d’animations culturelles. Affiliée à la fédération Rempart, dédiée à la réhabilitation et à l’entretien des monuments et du patrimoine artistique, l’association revendique également une démarche d’éducation populaire portée par des chantiers de volontaires venus du monde entier.
Un classement en novembre et la reconnaissance du Loto du patrimoine
Deux sessions de bénévoles se succèdent chaque été autour d’un programme de travaux établi à l’avance, complétées par la venue de groupes de scouts, détaille Élisabeth Dieufils. L’inscription du château sur la liste des monuments historiques, actée en novembre dernier, est venue consacrer cette mobilisation, tout comme la sélection par le Loto du patrimoine porté par Stéphane Bern, qui doit financer des interventions d’ampleur. Le site reste ouvert à tous, toute l’année, et l’entrée demeure gratuite. Du sommet du donjon, une table d’orientation aide les visiteurs à décrypter un panorama rare : à 930 mètres d’altitude, les matinées dégagées permettent d’apercevoir simultanément le Puy-de-Dôme et le Mont-Blanc. Un plan de visite attend le public au pied du donjon, complété par un parcours interactif de sept QR codes et un panneau installé dans la haute cour. Au programme de l’été : les chantiers Rempart du 18 juillet au 16 août ; la fête du château les samedi 25 et dimanche 26 juillet, avec plongée dans le Moyen Âge grâce au campement Kot De Maye, cuisson et vente de pain, ateliers, tir à l’arc et spectacles, programme détaillé sur chateaudurfe.org ; enfin, Urfé Hors murs, concert flottant au plan d’eau de Chausseterre le vendredi 7 août à 16 heures.
Quatre chèques remis le 21 juin pour financer la mise en sécurité
Récompensée pour le travail accompli, l’association Renaissance d’Urfé dispose désormais des moyens de poursuivre la restauration de la forteresse.
C’est devant un parterre fourni que René Meilland, entouré des bénévoles, a reçu quatre chèques le samedi 21 juin. Étaient notamment présents Juliette de Meaux, propriétaire des lieux, Corinne Besson Fayolle, vice-présidente départementale chargée de la culture et du patrimoine, la conseillère départementale Huguette Burelier, Jean-Marc Juste Malmont pour la Fondation du patrimoine, Mme Vergnat pour l’association Rempart, la maire de Champoly Ingrid Meunier, ainsi que de nombreux élus et partenaires. Le détail des sommes : 300 000 euros au titre de la Fondation du patrimoine et de la mission Stéphane Bern, 53 000 euros de la Région Auvergne-Rhône-Alpes via l’opération Patrimoine remarquable, 20 000 euros de la fondation Airbnb et 1 200 euros de mécénat du Crédit Mutuel.
Ces financements doivent permettre d’engager enfin les travaux de mise en sécurité, condition indispensable pour accueillir le public dans de bonnes conditions sur ce site spectaculaire. Fondée en 1979 par Norbert Gros et Alain Bouillet, l’association Renaissance d’Urfé a assuré la survie du château pendant des décennies. Prochains rendez-vous en juillet et en août, avec les chantiers de bénévoles et la fête du château les 25 et 26 juillet.


