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Spécialisée dans les articles religieux, la boutique traverse les époques et s’apprête à connaître un nouveau chapitre. Marie-Pierre Tardy, qui en avait pris les rênes en 2015, transmet l’affaire à Lucresse Towa, arrivée du Cameroun.
Plus d’un siècle et demi après sa création, le commerce tient toujours bon, malgré le contexte difficile que connaissent les centres-villes. La commerçante évoque une clientèle attachée à l’enseigne et, depuis quelque temps, un mouvement de retour vers la pratique religieuse, perceptible jusque dans les rayons. Elle observe une hausse notable des baptêmes chez les adultes et les jeunes adultes, et se souvient d’un Noël dernier marqué par des ventes de bibles particulièrement fortes.
De la reprise en 2015 à 7 000 références en magasin
C’est en octobre 2015 que Marie-Pierre Tardy, originaire de Saint-Just-Malmont, avait racheté le fonds à Olivier Dumas. Formée au commerce, elle décrit un parcours dicté par les circonstances : c’est après la perte de son fils, emporté par la maladie, que le chemin l’a menée derrière ce comptoir.
L’enseigne aligne aujourd’hui près de 7 000 références. À l’approche des fêtes, crèches et santons dominent largement les ventes. Le reste de l’année, l’activité se concentre sur les présents liés aux grandes étapes de la vie chrétienne — baptêmes, communions, mariages —, avec statues, croix et icônes. Les chapelets s’écoulent en quantités qui surprennent encore la commerçante, tandis que les bougies de neuvaine trouvent preneur quotidiennement, sans exception, souligne-t-elle.
Une ingénieure camerounaise reprend le flambeau à la rentrée
Après près de onze années passées à la tête de cette référence pour les catholiques stéphanois, Marie-Pierre Tardy a choisi de céder la place. Lucresse Towa recevra les clients dès la rentrée, à l’issue d’une fermeture de quelques semaines destinée à des travaux.
Âgée de 32 ans, arrivée en France en 2022 puis à Saint-Étienne au début de l’année 2025, la nouvelle propriétaire est ingénieure de formation et exerçait jusqu’ici comme consultante chez Nestlé Purina, à Veauche. Là encore, une épreuve personnelle a pesé dans la décision : c’est à la suite d’un problème de santé de sa fille de 10 ans que cette catholique convaincue a souhaité réorienter sa vie professionnelle et lui donner un autre sens. Sa cédante se dit confiante, persuadée que son enthousiasme permettra à la boutique de durer et d’évoluer.
L’ancienne gérante ne quitte pas pour autant la rue Sainte-Catherine. Elle se consacrera désormais entièrement à l’autre volet historique du commerce, Aux Drapeaux, qui sera dissocié de la Maison Barbier. Cette activité fournit drapeaux aux collectivités et aux entreprises, ainsi que médailles du travail et récompenses sportives.


