Près de 70 étudiants, principalement américains et européens, ont ainsi suivi des enseignements en cybersécurité, santé ou utilisation des ressources critiques pour le développement durable.
L’établissement stéphanois entend faire évoluer son fonctionnement vers un modèle davantage tourné vers les partenariats public-privé, sans abandonner son statut d’école publique. L’objectif affiché est de trouver de nouvelles ressources pour financer des technologies, des compétences et des infrastructures dans des secteurs jugés stratégiques pour l’industrie française, la recherche et la santé.
700 000 euros engagés avec des entreprises
Cette nouvelle orientation commence déjà à prendre forme. Depuis juillet 2026, Mines Saint-Étienne développe au Campus Région du numérique, à Charbonnières-les-Bains, un programme de coopération académique et industrielle adossé à DIWII, sa plateforme consacrée à l’industrie du futur. Grands groupes, PME et start-up y sont associés. Leur engagement représente 700 000 euros sur trois ans pour accompagner le développement d’innovations à impact sociétal.
L’école lance parallèlement Accès Campus, un dispositif destiné à rapprocher davantage les entreprises des étudiants et des activités de l’établissement. L’idée est notamment de permettre aux sociétés de présenter leurs métiers, d’identifier de futurs recrutements et de participer plus directement à l’écosystème de formation et d’innovation. Airbus est annoncé comme le premier partenaire de cette nouvelle offre.
Ces projets prolongent la création, en septembre 2025, d’une direction du développement chargée d’accroître les collaborations économiques et les ressources propres de l’établissement.
Un nouveau laboratoire dédié à l’IA et aux mathématiques
La rentrée marque également une accélération sur le terrain de la recherche. Mines Saint-Étienne prévoit de créer cet automne le Laboratoire Informatique et Mathématiques de Mines Saint-Étienne, baptisé LIMMSE. Cette nouvelle unité doit travailler notamment sur l’intelligence artificielle, la modélisation mathématique et les sciences de la décision.
En parallèle, plusieurs équipements scientifiques vont renforcer les capacités des équipes de recherche. Un microscope Auger doit être utilisé pour l’analyse d’aciers dans le secteur nucléaire. De nouveaux moyens de caractérisation biologique sont prévus pour les travaux portant sur l’influence du sommeil sur la santé du cerveau. La salle blanche consacrée à la microélectronique bénéficiera elle aussi de nouveaux équipements.
À travers ces investissements, l’école cible plusieurs domaines considérés comme sensibles pour l’autonomie technologique : nucléaire, matériaux, numérique, microélectronique et technologies de santé.
TWIN doit ouvrir fin 2026 pour l’industrie du futur
Autre chantier majeur : TWIN. Le bâtiment et sa plateforme technologique doivent être livrés à la fin de l’année 2026. L’équipement permettra aux entreprises de tester de nouveaux procédés avant leur déploiement industriel, notamment dans la fabrication additive, l’automatisation et le numérique.
L’ambition est d’accélérer le passage entre expérimentation et production. Mines Saint-Étienne veut ainsi contribuer à réduire certains délais industriels, faciliter la relocalisation d’étapes de fabrication et limiter la dépendance à des technologies ou fournisseurs étrangers.
Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où les questions de souveraineté industrielle et technologique prennent une importance croissante. L’école entend se positionner comme un intermédiaire entre laboratoires, formation d’ingénieurs et besoins concrets des entreprises.
Des partenariats renforcés avec l’Inde et l’Asie
La stratégie stéphanoise passe aussi par l’international. Durant l’été, Mines Saint-Étienne a signé un partenariat avec l’Indian Institute of Technology de Madras, classé 180e université mondiale dans le QS Ranking 2026. L’accord doit favoriser l’accueil d’étudiants indiens en France et développer les échanges académiques.
Des discussions sont également engagées avec la Hanoi University of Mining and Geology au Vietnam. Elles portent notamment sur les liens entre intelligence artificielle et génie des procédés, avec la décarbonation comme champ d’application.
L’établissement a par ailleurs développé plusieurs écoles d’été autour de l’ingénierie de la santé, des ressources durables et de la microélectronique. Près de 70 étudiants, principalement américains et européens, ont ainsi suivi des enseignements en cybersécurité, santé ou utilisation des ressources critiques pour le développement durable.
De nouvelles formations pour l’industrie et la santé
L’offre de formation évolue elle aussi dès septembre. Mines Saint-Étienne lance ses premières micro-certifications, des cursus courts destinés aux professionnels souhaitant actualiser ou compléter leurs compétences. Les premiers programmes concernent le secteur de la santé et s’appuient sur une remise à niveau déjà proposée aux médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes.
Deux formations d’ingénieur de spécialisation en alternance, organisées sur une année, complètent également le catalogue. La première, baptisée 3i, est consacrée à l’intégration des innovations dans l’industrie. La seconde, TECTO, porte sur la transition écologique et climatique des territoires et des organisations.
Le parcours diplômant en ingénierie et santé, lancé en 2025 avec la Faculté de médecine de l’Université Jean Monnet, poursuit également son développement. Pour sa deuxième rentrée, moins d’un candidat sur dix est admis. Les femmes représentent désormais plus de 60 % des personnes inscrites dans ce cursus à la frontière entre ingénierie et médecine.
Ce domaine constitue depuis plusieurs années l’un des axes structurants de l’école. Créé en 2004, le Centre Ingénierie et Santé travaille notamment sur de nouveaux dispositifs médicaux, des logiciels et des services reposant sur les technologies de santé.
35,6 millions d’euros pour transformer le campus de Saint-Étienne
Le projet le plus visible à l’échelle locale reste toutefois le Campus du Futur. Sa phase de conception doit commencer en septembre 2026, pour un démarrage des travaux prévu en 2028. Le programme bénéficie de 35,6 millions d’euros dans le cadre du Contrat de plan État-Région 2021-2027 Auvergne-Rhône-Alpes.
Environ 25 000 m² du site historique de Mines Saint-Étienne doivent être modernisés. L’objectif est d’accueillir davantage d’étudiants, mais aussi d’adapter les bâtiments aux nouvelles attentes des entreprises et aux évolutions des usages universitaires.
Le futur ensemble doit comprendre un GrandLab’ consacré à l’expérimentation, de nouveaux espaces de travail, des lieux de restauration et des zones destinées à la vie étudiante. L’accessibilité du campus doit également être améliorée.
La rénovation porte enfin un objectif énergétique important. Mines Saint-Étienne vise une réduction de 60 % de la consommation du site à l’horizon 2050.
Avec 2 500 élèves répartis entre Saint-Étienne, Lyon et Aix-Marseille-Provence, dont 27 % d’étudiants internationaux, l’établissement veut profiter de cette rentrée pour changer d’échelle. Recherche, IA, santé, industrie, partenariats économiques et rénovation immobilière avancent désormais dans une même direction : renforcer le poids de l’école dans les transformations industrielles et scientifiques à venir.


