La CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne a placé l’industrie au centre de sa rentrée économique, organisée lundi 7 septembre à Lyon. Dans un contexte marqué par les crises successives, les tensions commerciales et les difficultés d’approvisionnement, la soirée a surtout porté sur la souveraineté économique, la réindustrialisation et l’intelligence artificielle. Pour les entreprises du territoire, l’enjeu est désormais de réduire certaines dépendances tout en conservant leur capacité à innover.
Sécuriser les approvisionnements sans tout relocaliser
Les fragilités apparues depuis la pandémie de Covid-19, puis renforcées par la guerre en Ukraine et les tensions commerciales internationales, ont profondément modifié les préoccupations des dirigeants. Le prix n’est plus le seul critère dans les stratégies d’achat. La provenance des composants, la solidité des fournisseurs et la capacité à maintenir une production en cas de crise occupent désormais une place centrale.
Les données présentées pendant la rencontre illustrent cependant une situation contrastée. Alors que le PIB français a reculé au premier semestre et que l’investissement des entreprises s’est contracté, l’industrie manufacturière aurait progressé de 0,8 %. Un signal légèrement positif dans un environnement économique toujours incertain.
La souveraineté industrielle ne signifie toutefois pas produire chaque composant sur le territoire national. La stratégie évoquée repose davantage sur la diversification des fournisseurs, la sécurisation des chaînes de production et la concentration des efforts sur des filières disposant déjà de compétences reconnues. Le nucléaire et les biotechnologies figurent parmi les secteurs cités. Une telle réindustrialisation s’inscrit nécessairement dans le temps long, parfois bien au-delà d’un calendrier politique.
Cette orientation suppose aussi d’accepter parfois des coûts plus élevés afin de réduire les vulnérabilités et de préserver la continuité de production lorsqu’une crise perturbe les échanges ou l’accès aux composants.
L’intelligence artificielle devient un enjeu industriel
L’innovation a constitué le second axe majeur de cette rentrée économique. Intelligence artificielle, robotique, nouveaux procédés de fabrication et relations entre laboratoires et entreprises ont occupé une large partie des échanges.
Pour les acteurs économiques, il ne s’agit plus uniquement d’adopter des outils numériques disponibles sur le marché. La maîtrise des compétences, des infrastructures et des technologies nécessaires à leur fonctionnement devient également stratégique. Derrière l’usage de l’IA se pose donc la question de la maîtrise de toute une chaîne de valeur industrielle et technologique.
Le territoire stéphanois dispose notamment d’entreprises engagées dans ces transformations. Keranova, spécialisée dans des technologies de chirurgie robotique, illustre le temps nécessaire pour transformer une innovation issue de la recherche en produit commercialisable. Entre développement technologique, certifications et financement, plusieurs étapes peuvent séparer une découverte scientifique de son arrivée sur le marché.
Recherche, entreprises et formation appelées à travailler ensemble
La soirée a également insisté sur la nécessité de rapprocher davantage industrie, startups, établissements d’enseignement supérieur et laboratoires. Dans un environnement où les technologies et les compétences évoluent rapidement, la capacité à former, recruter et adapter les savoir-faire devient un facteur de compétitivité.
Cette coopération constitue l’un des axes défendus par la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne dans son accompagnement des entreprises. L’objectif est de favoriser un écosystème capable de mieux connecter les besoins industriels aux ressources de la recherche et de la formation.
Pour les entreprises de la Loire comme du bassin lyonnais, la rentrée économique 2026 pose ainsi une même équation : sécuriser les dépendances, accélérer l’innovation et préparer les compétences nécessaires aux nouvelles technologies. Une feuille de route qui place l’industrie au cœur des choix économiques du territoire.

