Un nouveau chapitre s’ouvre pour les cantines de Saint-Just-Saint-Rambert. Après plusieurs mois de chantier, la commune dispose désormais d’une cuisine centrale conçue pour regrouper la production des repas scolaires sur un seul site.
L’équipement a été officiellement inauguré vendredi 11 septembre 2026. Il remplace une organisation reposant jusqu’ici sur plusieurs unités de préparation dispersées dans la ville, devenues progressivement moins adaptées aux volumes produits, aux normes sanitaires et aux conditions de travail des agents.
Avec cette nouvelle installation, la municipalité veut à la fois moderniser son outil de restauration collective et renforcer une politique alimentaire déjà tournée vers les circuits courts.
850 repas préparés chaque jour à Saint-Just-Saint-Rambert
La nouvelle cuisine centrale s’étend sur environ 700 m².
Chaque jour, plus de 850 repas peuvent sortir de ses ateliers avant d’être acheminés vers les différentes écoles publiques de Saint-Just-Saint-Rambert. Pendant les vacances scolaires, la production se poursuit également pour alimenter les centres de loisirs.
Au total, l’installation doit permettre de préparer environ 130 000 repas chaque année.
Le service dépasse même les limites de la commune. Depuis 2025, Saint-Just-Saint-Rambert assure également la préparation des repas de l’école publique de Chambles, soit environ 12 000 repas supplémentaires par an.
Le nouvel équipement a donc été dimensionné pour absorber des volumes importants tout en permettant une production davantage réalisée sur place.
Légumes frais et desserts faits maison
La conception du bâtiment doit notamment faciliter la transformation de produits bruts.
Une légumerie indépendante permet désormais de réceptionner, nettoyer et préparer directement les légumes utilisés dans les menus. Ce choix ouvre davantage la restauration scolaire aux productions agricoles locales, qui ne sont pas nécessairement livrées déjà transformées.
Une unité spécifique a également été créée pour la pâtisserie. Les desserts peuvent ainsi être confectionnés directement par les équipes municipales plutôt que systématiquement achetés sous forme de produits industriels prêts à servir.
Les cuisines disposent aussi de matériels permettant notamment la cuisson à basse température, une technique destinée à mieux maîtriser la préparation et à préserver certaines qualités gustatives des aliments.
Le projet ne consiste donc pas seulement à produire davantage de repas. La commune veut également conserver une véritable cuisine sur place, avec davantage de préparations réalisées à partir de produits bruts.
Des producteurs de la Loire directement dans les cantines
C’est l’un des principaux axes du projet : rapprocher encore davantage les cantines des producteurs du territoire.
Pour ses achats alimentaires, Saint-Just-Saint-Rambert a fait le choix de diviser ses marchés publics en plusieurs lots. Cette organisation permet à de petites exploitations ou entreprises locales de répondre uniquement sur les produits qu’elles sont capables de fournir, plutôt que d’être confrontées à un marché global nécessitant de pouvoir alimenter l’ensemble de la restauration scolaire.
Une dizaine de producteurs participent aujourd’hui à cet approvisionnement.
Une large partie d’entre eux se trouve dans la Loire. Les menus peuvent ainsi intégrer des fromages provenant du secteur de Boën-sur-Lignon, de la viande issue de Saint-Romain-le-Puy, des fruits cultivés du côté de Véranne, des glaces produites à Saint-Héand ou encore des salades provenant directement de Saint-Just-Saint-Rambert.
Une manière de raccourcir la distance entre le champ et l’assiette tout en maintenant une partie des dépenses de restauration collective dans l’économie locale.
Cette orientation s’inscrit également dans le Projet alimentaire territorial de Loire Forez Agglomération, qui vise notamment à développer les circuits courts et à renforcer les liens entre agriculture locale et restauration collective.
Le bio largement au-dessus du minimum légal
La restauration scolaire est soumise depuis plusieurs années aux objectifs fixés par la loi Egalim.
Les collectivités doivent notamment proposer au moins 50 % de produits durables et de qualité, avec une part minimale de 20 % de produits issus de l’agriculture biologique.
À Saint-Just-Saint-Rambert, la commune affirme aller nettement au-delà de cette obligation. La proportion de produits bio utilisée dans les cantines est annoncée à un niveau environ trois fois supérieur au minimum réglementaire.
La volonté est ainsi d’associer origine des produits, qualité nutritionnelle et développement d’une alimentation moins dépendante des grandes plateformes nationales d’approvisionnement.
Pour les familles, cette politique concerne directement plusieurs centaines d’enfants qui prennent quotidiennement leur déjeuner dans les restaurants scolaires de la ville.
Trente agents mobilisés autour de la restauration scolaire
Derrière les 130 000 repas servis chaque année, l’organisation repose également sur une importante équipe municipale.
Environ 30 agents interviennent dans la restauration scolaire de Saint-Just-Saint-Rambert. Dix sont directement affectés à la nouvelle cuisine centrale.
Les autres travaillent au sein des établissements pour réceptionner les repas, assurer le service auprès des enfants puis effectuer le nettoyage des locaux.
Le regroupement de la production doit aussi permettre d’améliorer les conditions de travail. Les anciennes installations étaient arrivées à leurs limites techniques et rendaient plus difficile l’organisation quotidienne des équipes.
Le nouveau bâtiment a donc été conçu en intégrant davantage les contraintes sanitaires, les flux de circulation des aliments et l’ergonomie des postes.
Une cuisine centrale également pensée pour réduire son impact environnemental
La dimension environnementale ne s’arrête pas au contenu des assiettes.
Une installation photovoltaïque d’une puissance de 14 000 watts a été posée sur le toit du bâtiment. Elle devrait permettre de produire environ 17 000 kWh d’électricité par an, directement consommés sur le site.
À l’échelle de l’ensemble du patrimoine municipal, cette production représente environ 1,6 % des besoins électriques des bâtiments de la commune.
Le chantier a également intégré le réemploi d’une partie des anciens équipements afin d’éviter de remplacer du matériel pouvant encore être utilisé.
La gestion des déchets a elle aussi été revue. Les biodéchets issus de la préparation des repas et des retours de restauration sont collectés chaque semaine avant d’être entièrement valorisés par compostage.
Les produits destinés à l’entretien sont par ailleurs livrés dans des poches recyclables afin de limiter la quantité de contenants en plastique.
3,2 millions d’euros investis dans la nouvelle cuisine centrale
Pour Saint-Just-Saint-Rambert, cette opération représente un investissement particulièrement conséquent.
Le coût annoncé atteint 3,2 millions d’euros. La commune a bénéficié de financements provenant de plusieurs partenaires publics, parmi lesquels l’État, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de la Loire et Loire Forez Agglomération.
Le chantier avait été engagé en 2025 et s’est poursuivi tout au long du premier semestre 2026 avant la mise en fonctionnement du nouvel équipement. Les délibérations municipales publiées durant l’été montrent encore plusieurs ajustements apportés aux différents lots du marché de construction.
Le journal municipal de septembre 2026 consacre d’ailleurs son dossier principal aux coulisses de cette nouvelle cuisine centrale, confirmant que l’équipement constitue l’un des investissements importants de la commune cette année.
Avec cette installation, Saint-Just-Saint-Rambert fait le choix d’une restauration scolaire davantage centralisée sans renoncer à la production maison et aux circuits courts. Pour les enfants, la transformation sera surtout visible dans les assiettes : davantage de produits locaux, du bio et des plats préparés directement à quelques kilomètres seulement de leurs écoles.

