À l’origine de la mobilisation : un rapport publié cet été par la Cour des comptes consacré à la gestion des ressources humaines d’EDF. Les magistrats financiers y pointent le poids de plusieurs avantages sociaux et estiment que le cadre actuel doit évoluer.
La rentrée sociale s’annonce électrique à Saint-Étienne. Ce mardi 15 septembre, les agents des Industries électriques et gazières de la Loire sont appelés à participer à une mobilisation organisée dans le cadre d’un mouvement national.
Le rendez-vous est fixé à 11 heures place Jean-Jaurès, dans le centre-ville de Saint-Étienne. L’appel concerne aussi bien les salariés en activité que les anciens agents du secteur.
À l’origine de la mobilisation : un rapport publié cet été par la Cour des comptes consacré à la gestion des ressources humaines d’EDF. Les magistrats financiers y pointent le poids de plusieurs avantages sociaux et estiment que le cadre actuel doit évoluer.
Le « tarif agent » au cœur de la contestation
Le sujet le plus sensible concerne l’avantage en nature énergie, plus communément appelé « tarif agent ». Ce dispositif permet notamment à des salariés et retraités du secteur de bénéficier de conditions tarifaires particulièrement avantageuses sur leur consommation d’électricité ou de gaz.
La Cour des comptes estime que certains avantages accordés aux salariés présentent une valorisation fiscale et sociale très inférieure à leur valeur réelle. Plus largement, elle chiffre à environ 1 milliard d’euros en 2024 le coût des différents avantages sociaux accordés au sein d’EDF SA. Elle souligne également que les charges de personnel de l’entreprise ont progressé de 17 % entre 2021 et 2024.
Les organisations syndicales contestent cette analyse et refusent que les salariés deviennent, selon elles, la variable d’ajustement d’une réforme du secteur. Au niveau national, CGT, CFDT, FO et CFE-CGC ont appelé ensemble les électriciens et gaziers à cesser le travail ce 15 septembre pour défendre le maintien de leurs garanties statutaires.
Une délégation attendue à la préfecture de la Loire
Après le rassemblement stéphanois, le mouvement doit se poursuivre dans l’après-midi. Une délégation syndicale doit être reçue à 13 h 45 à la préfecture de la Loire.
Les représentants des salariés souhaitent notamment défendre le statut national des Industries électriques et gazières et insister sur les conditions nécessaires, selon eux, au maintien d’un service public de l’énergie disposant de personnels suffisamment formés et qualifiés.
La mobilisation dépasse donc la seule question de la facture énergétique des agents.
Les syndicats attaquent aussi la libéralisation du marché de l’énergie
L’intersyndicale ligérienne entend également remettre sur la table un débat beaucoup plus large : celui de l’organisation du marché de l’énergie.
Les syndicats considèrent que les hausses de prix supportées par les ménages ces dernières années ne peuvent pas être imputées aux avantages accordés aux salariés du secteur. Ils mettent plutôt en cause les transformations successives du marché européen de l’énergie, la mise en concurrence des opérateurs et les politiques de libéralisation engagées depuis les années 2000.
La Cour des comptes rappelle elle-même qu’EDF a connu de profondes mutations depuis l’ouverture du secteur électrique européen à la concurrence, tandis que le statut de nombreux salariés des Industries électriques et gazières a, lui, relativement peu évolué.
À Saint-Étienne comme dans le reste de la France, la journée du 15 septembre devrait donc constituer un premier rapport de force important entre les syndicats de l’énergie et les pouvoirs publics. Dans la Loire, celui-ci commencera dès 11 heures place Jean-Jaurès, avant de se déplacer quelques heures plus tard à la préfecture.

