À l’intérieur du bâtiment, l’incendie a néanmoins laissé très peu de choses intactes. La toiture s’est effondrée et la structure doit désormais être examinée par des spécialistes avant toute opération supplémentaire.
Les sapeurs-pompiers ont réussi à empêcher le feu de se propager massivement aux cellules voisines. Mais les dégâts ne s’arrêtent pas aux murs du garage. Plusieurs locaux attenants ont subi les effets de la chaleur, de la fumée ou des contraintes provoquées par l’incendie. Une partie de la zone reste donc inaccessible dans l’attente des expertises techniques.
Une dizaine d’entreprises directement perturbées
Au lendemain du sinistre, la priorité n’est plus seulement d’éteindre les dernières braises. Elle consiste désormais à déterminer quelles entreprises peuvent reprendre leur activité sans danger.
Un arrêté de mise en sécurité a été pris afin d’interdire provisoirement l’accès à plusieurs cellules commerciales et industrielles situées autour du garage détruit. La commune indique que plus d’une dizaine d’entreprises voisines sont affectées par la situation.
Selon les premières estimations communiquées après l’incendie, une quinzaine à une vingtaine de salariés pourraient être directement empêchés de travailler tant que les locaux n’auront pas été déclarés sûrs.
Pour ces petites entreprises, chaque journée d’arrêt compte. Certains ateliers dépendent directement de leurs machines, de leur stock ou de leur espace de production et ne peuvent pas simplement transférer leur activité derrière un ordinateur.
L’enjeu est donc de savoir rapidement quels bâtiments pourront rouvrir, lesquels nécessiteront des travaux et, dans le pire des cas, lesquels devront être partiellement démontés ou reconstruits.
Sept voitures de collection détruites dans le garage
Le bilan matériel est particulièrement lourd à l’intérieur du garage automobile.
Sept véhicules de collection, appartenant à la marque BMW, ont été détruits par le feu. Le montant des pertes serait évalué à environ 350 000 euros pour cette partie du patrimoine automobile.
Des véhicules appartenant à des clients ont en revanche pu échapper aux flammes, ce qui a limité encore davantage les conséquences du sinistre.
À l’intérieur du bâtiment, l’incendie a néanmoins laissé très peu de choses intactes. La toiture s’est effondrée et la structure doit désormais être examinée par des spécialistes avant toute opération supplémentaire.
Les secours sont également restés présents après l’extinction principale afin de surveiller d’éventuels points chauds dissimulés sous les décombres.
Les murs coupe-feu ont limité la propagation
La configuration des locaux a probablement évité un scénario encore plus grave.
Plusieurs entreprises de la zone partagent des murs mitoyens avec le garage. Des dispositifs coupe-feu installés entre les cellules ont ralenti la progression des flammes et permis de protéger une partie des bâtiments voisins.
La chaleur a toutefois été suffisamment forte pour déformer certains éléments.
Dans l’une des entreprises voisines, spécialisée dans la conception de mobilier accessible et adaptable, l’activité a ainsi été interrompue. Plusieurs salariés se sont retrouvés temporairement sans possibilité de rejoindre leur atelier.
Les premières constatations laissent penser que certains espaces, notamment administratifs ou commerciaux, pourraient être moins gravement atteints que les zones directement accolées au garage.
Mais les conclusions définitives dépendront des expertises portant sur les murs et la charpente métallique.
Une solidarité entre entreprises pour reprendre au plus vite
La fermeture temporaire de la zone a également déclenché un mouvement d’entraide entre professionnels.
Certains entrepreneurs des alentours proposent des espaces de stockage ou des ateliers provisoires afin que les sociétés les plus touchées puissent reprendre une partie de leur activité.
Cette solidarité peut faire une différence importante dans une zone composée essentiellement de PME, artisans et structures spécialisées, pour lesquelles plusieurs semaines d’interruption peuvent rapidement entraîner des difficultés financières.
Du matériel a également pu être évacué de certains locaux avant que leur accès ne soit complètement sécurisé.
L’objectif est désormais de sauver ce qui peut encore l’être, puis d’organiser la reprise en fonction des conclusions des experts et des assureurs.
L’origine de l’incendie fait l’objet d’une enquête
La question centrale reste celle du départ du feu.
Dans les premières heures qui ont suivi le sinistre, les policiers ont procédé à des constatations sur place afin de déterminer les circonstances exactes de l’incendie.
La municipalité de Roche-la-Molière a indiqué dès dimanche que l’hypothèse d’une origine criminelle faisait partie des pistes examinées. À ce stade, l’enquête doit toutefois établir les faits et aucune responsabilité ne peut être considérée comme définitivement établie.
Les investigations techniques, l’exploitation éventuelle d’images de vidéosurveillance et les constatations réalisées dans le garage devront permettre d’affiner le scénario.
La violence du feu et l’effondrement de la structure peuvent toutefois compliquer le travail des enquêteurs, certaines traces ayant pu être détruites pendant l’incendie.
Une vingtaine de pompiers mobilisés dans la nuit
L’importance des moyens engagés donne une idée de la violence du sinistre.
Environ vingt sapeurs-pompiers, accompagnés de trois véhicules incendie, avaient été mobilisés pour lutter contre les flammes. Plusieurs lances avaient été déployées afin de contenir le feu au garage et d’éviter qu’il ne gagne les autres cellules de la zone d’activités.
Le dispositif a permis d’éviter un embrasement généralisé.
La proximité immédiate des autres entreprises constituait en effet l’un des principaux risques : plusieurs bâtiments sont accolés les uns aux autres et accueillent des activités artisanales ou industrielles pouvant abriter du matériel et des produits sensibles à la chaleur.
Au petit matin, le feu était maîtrisé, mais le bâtiment continuait encore à dégager de la fumée plusieurs heures après l’intervention principale.
La zone du Buisson occupe les anciens locaux de Staub
L’incendie touche par ailleurs un site qui possède une histoire industrielle particulière à Roche-la-Molière.
Les locaux correspondent à une partie de l’ancienne usine Staub, autrefois consacrée à la fabrication de cocottes en fonte. La production avait quitté le site au début de l’année 2017.
Après cette fermeture, le vaste ensemble immobilier avait été reconverti.
Un promoteur avait racheté environ 6 400 m² de bâtiments installés sur près d’un hectare, avant de diviser le site en plusieurs lots destinés à accueillir de nouvelles activités économiques.
Dès 2018, plusieurs entreprises et artisans avaient investi les lieux, permettant de redonner une activité économique à cet ancien tènement industriel.
C’est précisément cette organisation en cellules mitoyennes qui explique pourquoi l’incendie d’un seul garage affecte aujourd’hui de nombreux professionnels.
Les prochains jours seront déterminants
La suite dépendra désormais de plusieurs calendriers : celui des enquêteurs, celui des experts du bâtiment et celui des assurances.
La priorité sera d’abord de déterminer la stabilité des structures et d’autoriser, lorsque cela sera possible, le retour des entreprises dans leurs locaux.
Certaines pourraient reprendre rapidement. Pour d’autres, le délai sera probablement beaucoup plus long si des travaux lourds doivent être réalisés.
L’impact économique définitif reste donc impossible à mesurer à ce stade.
Une chose est déjà certaine : l’incendie survenu dans la nuit du 12 au 13 septembre ne concerne plus uniquement le garage où le feu a démarré.
À Roche-la-Molière, c’est désormais toute une petite zone d’activités qui tente de reprendre son souffle et de remettre ses entreprises en ordre de marche.

