L’objectif affiché est important : 384 logements doivent être réhabilités en cinq ans.
Le chantier de transformation de Saint-Roch à Saint-Étienne franchit une nouvelle étape. Ce mardi 6 octobre à 18 heures, l’Établissement public d’aménagement de Saint-Étienne, l’Epase, inaugure une Maison du projet au 47, rue Antoine-Durafour.
Installé dans un ancien cabinet infirmier entièrement rénové, ce nouvel espace doit devenir un point d’information pour les habitants et les propriétaires du quartier.
Ils pourront notamment y obtenir des renseignements sur les aides disponibles pour financer des travaux dans leur logement : rénovation énergétique, adaptation au vieillissement ou au handicap, remise en état de logements dégradés ou encore rénovation des parties communes des copropriétés.
384 logements à rénover d’ici 2031
L’objectif affiché est important : 384 logements doivent être réhabilités en cinq ans dans le cadre d’une Opah-RU, une opération programmée d’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain.
Ce dispositif associe plusieurs acteurs publics et partenaires du logement, parmi lesquels l’Agence nationale de l’habitat, Saint-Étienne Métropole, la Caf, le Département, Procivis ou encore l’Agence régionale de santé. Le programme concerne aussi bien les propriétaires qui occupent leur logement que les bailleurs.
Les copropriétés peuvent également solliciter un accompagnement lorsque les travaux concernent les espaces communs d’un immeuble.
Un quartier qui compte environ 2 400 logements
Saint-Roch concentre plusieurs problématiques liées à l’habitat ancien. Le quartier compte environ 2 400 logements répartis dans quelque 370 immeubles, dont une partie présente un état général dégradé ou nécessite d’importants travaux de modernisation.
Autre donnée importante : la vacance immobilière atteint environ 17 %. La stratégie engagée vise donc à remettre des logements sur le marché, améliorer leur qualité et diversifier l’offre afin d’attirer davantage de familles et de personnes âgées.
La rénovation de l’habitat s’inscrit dans un projet beaucoup plus large de transformation du quartier. Depuis 2017, l’Epase intervient notamment sur les espaces publics. Une nouvelle phase a débuté au printemps 2026 avec les travaux de la place Chapelon, de la rue Crozet-Fourneyron et de la rue Pierre-Termier.
L’ambition est également de végétaliser davantage Saint-Roch, de réduire certaines formes de densité urbaine et de renforcer les liaisons avec le centre-ville de Saint-Étienne.
Des aides pouvant financer plus de 70 % de certains travaux
Les montants disponibles peuvent être particulièrement importants selon la situation du propriétaire et la nature du chantier. À titre d’exemple, dans le cadre d’opérations similaires, des travaux d’adaptation d’une salle de bains de 15 082 eurosont pu bénéficier de 9 641 euros de subventions, soit environ 64 % du coût total.
Pour une rénovation énergétique d’un montant de 50 122 euros, les aides ont pu atteindre 36 811 euros, ce qui représente environ 73 % de la dépense. Les propriétaires bailleurs peuvent eux aussi bénéficier de financements. Pour des travaux lourds de 63 250 euros portant sur un logement de 60 m², une aide de 22 777 euros, soit environ 36 %, peut par exemple être accordée sous certaines conditions.
Concernant les copropriétés, un chantier de 35 592 euros sur les parties communes peut être soutenu à hauteur de 9 000 euros, soit environ 25 %. Ces chiffres correspondent à des exemples issus d’une autre opération de rénovation urbaine menée à Saint-Étienne et ne constituent donc pas des montants automatiquement accordés à chaque dossier.
Qui peut bénéficier des aides à Saint-Roch ?
L’accès au dispositif dépend de plusieurs critères. Pour les propriétaires occupants, les aides sont notamment conditionnées à des plafonds de ressources. Les bailleurs doivent, de leur côté, accepter de conventionner leur logement avec l’Agence nationale de l’habitat. Cela implique notamment de louer le bien avec un loyer plafonné pendant une durée déterminée.
Chaque situation doit donc être étudiée individuellement. L’Epase prévoit justement d’accompagner les propriétaires dans l’ensemble des démarches, depuis la vérification de leur éligibilité jusqu’au montage des dossiers de financement. Lorsqu’un propriétaire ne peut pas bénéficier des aides prévues dans le cadre de l’Opah-RU, il peut également être orienté vers d’autres dispositifs existants.
Une dizaine d’immeubles rénovés directement par l’Epase
En parallèle de l’accompagnement des particuliers, l’établissement public prévoit d’intervenir directement sur certains bâtiments. D’ici 2038, une dizaine d’immeubles devraient ainsi être réhabilités, représentant entre 50 et 70 logements. Une fois rénovés, ces appartements pourront être revendus à des propriétaires occupants ou à des investisseurs, avec dans certains cas des conditions portant sur les niveaux de loyers. L’objectif reste le même : lutter contre l’habitat dégradé et favoriser le retour d’habitants dans des logements aujourd’hui vacants ou nécessitant de lourdes rénovations.
Huit immeubles très dégradés dans le viseur
Un autre dispositif doit également entrer en vigueur au premier trimestre 2027. Il s’agit d’une opération de restauration immobilière, associée à une déclaration d’utilité publique. Cet outil permet d’imposer la réalisation de travaux sur certains immeubles particulièrement dégradés. À Saint-Roch, huit bâtiments ont été identifiés.
Leurs propriétaires disposeront de cinq ans pour engager les rénovations nécessaires. Ils pourront eux aussi bénéficier de certaines aides financières pour réaliser les travaux. Si aucune intervention n’est engagée à l’issue de cette période, l’Epase pourra alors envisager l’acquisition des biens concernés. Avec la rénovation des espaces publics, les aides aux propriétaires et l’intervention directe sur les immeubles les plus dégradés, Saint-Roch entre ainsi dans une phase de transformation qui doit se poursuivre pendant plusieurs années à Saint-Étienne.

