L’Ehpad Aésio Santé de Bellevue, à Saint-Étienne, a choisi de sortir des sentiers battus en invitant le street art dans ses couloirs. Portée avec le soutien de la Commission des Financeurs de la prévention de la perte d’autonomie de la Loire, l’initiative repose sur une conviction simple : un établissement accueillant des personnes âgées n’a aucune raison d’être privé de culture et de création. Au-delà de l’aspect esthétique, la direction revendique la volonté de concevoir des environnements stimulants, bénéfiques au bien-être des résidents, de leurs familles et du personnel soignant. C’est dans cet esprit que les équipes ont contacté Oak Oak, figure reconnue du street art stéphanois, dont les œuvres urbaines ont essaimé bien au-delà des frontières françaises.
Saint-Étienne comme fil rouge, la mémoire comme matière première
Le projet a rapidement trouvé son ancrage : raconter Saint-Étienne. Les collines, les crassiers, le Bessat, le Furan, le baraban, le babet, les cycles, autant de repères identitaires du territoire qui ont nourri la conception des fresques lors d’ateliers animés par l’artiste. Une approche délibérément ancrée dans le vécu des résidents, y compris ceux atteints de troubles cognitifs et les usagers de l’accueil de jour, pour qui l’évocation de souvenirs liés au territoire constitue un véritable outil de stimulation mémorielle, particulièrement précieux dans les pathologies neurodégénératives comme Alzheimer.
Une œuvre à plusieurs mains, entre générations
La dimension collective du projet est au cœur de la démarche. Guidés par Oak Oak et accompagnés par les enfants de la crèche La Goutte de Malice, les résidents ont participé concrètement à la création en peignant des pochoirs qui seront intégrés à la composition finale. Chaque contribution individuelle viendra s’assembler dans une œuvre commune, reflet d’une mémoire partagée et d’une rencontre rare entre les âges.


