Le Conseil départemental a ouvert son débat budgétaire dans un contexte financier particulièrement dégradé, marqué par ce que les élus décrivent comme un effet de ciseau dévastateur : des dépenses sociales qui s’envolent d’un côté, des recettes qui stagnent de l’autre.
L’étau des dépenses sociales
Le reste à charge pour le RSA et l’aide aux personnes âgées atteint désormais 139 millions d’euros, un niveau qui pèse lourdement sur les capacités d’action de la collectivité. Le vice-président aux finances, Jérémie Lacroix, résume l’impasse avec lucidité : le département ne dispose d’aucun levier fiscal propre pour redresser la barre, sa marge de manœuvre étant entièrement conditionnée aux dotations de l’État, elles-mêmes sous contrainte dans le contexte de rigueur nationale actuel.
L’aéroport d’Andrézieux, symbole du désengagement de l’État
Le dossier de l’aéroport d’Andrézieux-Bouthéon cristallise les tensions. L’infrastructure, qui accuse déjà une perte d’activité de 15 %, sera abandonnée financièrement par l’État d’ici 2028, laissant au Département la charge d’en assumer seul le financement. Un cas d’école du transfert de responsabilités sans transfert de moyens que dénoncent les élus locaux.
Pour tenter d’équilibrer des comptes dans le rouge, la collectivité se résout à des coupes dans les domaines du sport, de la culture et de l’agriculture. Seul secteur préservé : l’investissement routier, sanctuarisé à hauteur de 36 millions d’euros pour entretenir et sécuriser les quelque 3 000 kilomètres de voirie départementale. L’exécutif assume ces renoncements avec amertume, conscient que des habitants seront directement touchés par ces arbitrages douloureux. Les débats se poursuivent ce vendredi.


