Né en octobre 2019 dans le sillage d’une première expérience menée sur le sud de la Loire lors des municipales 2020, le Collectif Eco-Citoyen 42 a mis les bouchées doubles pour ce nouveau scrutin. La coalition fédère aujourd’hui 17 associations ligériennes, de GRAINES à Saint-Galmier aux Shifters de Roanne et Saint-Étienne, en passant par l’ARPN, Montbrison Forez en Transition ou encore Vélo en Forez, pour un total de 3 000 adhérents représentés. Sur le terrain, ce sont une cinquantaine de bénévoles qui ont frappé aux portes des états-majors de campagne, négocié, convaincu, et parfois essuyé des refus.
L’objectif était clair : soumettre aux listes candidates une charte des maires articulée autour d’une quarantaine de mesures concrètes, alimentation durable, mobilités douces, rénovation énergétique, démocratie participative, gestion de l’eau, et obtenir un engagement public, assorti de la création d’une commission extra-municipale chargée d’en surveiller l’application.
45 % des Loiriens sous le couvert d’une charte
Le résultat dépasse les ambitions initiales. Au total, 21 communes ont vu au moins une liste candidate signer la charte, ce qui place 45 % de la population Ligérienne dans une commune où des engagements éco-citoyens ont été formulés. Les chiffres sont encore plus significatifs à l’échelle des intercommunalités : 60 % des habitants de Saint-Étienne Métropole et 70 % de ceux du Roannais Agglomération vivent dans une commune concernée. En tout, 580 engagements individuels ont été recensés sur l’ensemble du département.
Toutes les listes n’ont pas répondu favorablement. Certaines ont préféré différer leur décision après le scrutin, d’autres ont décliné sans appel. Mais la grande majorité des formations rencontrées a choisi de s’engager, un signe, selon le collectif, que la pression citoyenne organisée produit des effets tangibles.
Des mesures du quotidien, pas de l’idéologie
Ce qui distingue cette démarche d’un simple manifeste écologiste, c’est son ancrage dans le concret. Les 39 mesures proposées couvrent des réalités très quotidiennes : sécurisation des abords d’école, réduction des pesticides dans les espaces publics, développement du covoiturage, cantines approvisionnées en produits locaux et bio, accès équitable à l’eau potable ou encore lutte contre les logements indignes. Chaque mesure est documentée sur la plateforme nationale Mairie-Me, avec fiches techniques à destination des élus.
Le collectif entend bien ne pas en rester là. Il affiche l’intention de s’implanter durablement au sein de chaque EPCI du département, pour devenir un observateur vigilant, et un interlocuteur reconnu, tout au long du prochain mandat.
La prochaine étape : surveiller les promesses
Signer une charte est une chose. La respecter en est une autre. Le collectif l’a bien compris et prépare déjà l’après-élection. À Saint-Étienne notamment, un travail d’analyse croisée a déjà été engagé entre les engagements pris via la charte et les programmes publiés par les listes signataires, pour mesurer la cohérence entre les deux. La constitution des commissions extra-municipales de suivi sera la prochaine priorité, une façon de transformer des promesses de campagne en obligations de résultat.
Car c’est bien là l’ambition finale du collectif : que l’éco-citoyenneté ne reste pas un slogan de campagne, mais devienne un outil de gouvernance locale, contrôlé par ceux à qui les élus devront rendre des comptes.


