Un homme de 46 ans débarque dans l’établissement vêtu d’un simple peignoir et de chaussettes. Surexcité, il se met à frapper violemment sur les bacs de produits surgelés avant de s’emparer d’une barre de fer qu’il brandit menaçant vers les clients et le personnel présents.
Deux jours plus tard, ce même individu comparaît devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne dans une tenue qui ne manque pas d’interpeller : le fameux peignoir bleu lavande élimé, sous lequel on aperçoit un pyjama d’hôpital. Rayan, prénom d’emprunt de ce Stéphanois aux longs cheveux noirs noués en catogan, se tient néanmoins très droit face aux magistrats.
Cocaïne et hallucinations au menu
Interrogé sur sa consommation de stupéfiants par le président Mario Agneta, l’homme ne tourne pas autour du pot : « Oui, c’est vraiment énorme ! » admet-il concernant sa prise de cocaïne. Un certificat médical éclaire d’ailleurs son état : le prévenu aurait « vu des démons » et ressenti qu’on lui « voulait du mal », victime d’hallucinations probablement liées à cette consommation massive.
Les charges retenues contre Rayan ne se limitent pas aux menaces proférées dans le magasin. Il doit également répondre de dégradations sur un véhicule appartenant à Métro, ainsi que de violences et rébellion envers les forces de l’ordre venues l’interpeller. Son passé judiciaire révèle onze mentions au casier, notamment pour proxénétisme et trafic de stupéfiants.
Expertise psychiatrique incontournable
Face à ce tableau clinique préoccupant, magistrats du parquet et défense s’accordent sur la nécessité d’une expertise psychiatrique approfondie. L’avocat de la défense, Me Stéphane Fournand, insiste sur « la nécessité d’avoir l’intégralité des éléments pour comprendre pourquoi il arrive à moitié nu dans le magasin ». Le procès est donc reporté en septembre.
Le débat se cristallise ensuite sur le sort à réserver au prévenu en attendant son jugement. La procureure réclame la détention provisoire, mettant en avant « des faits graves, avec plusieurs victimes » et rappelant qu’il a « poursuivi avec une barre de fer les personnes présentes ». La défense plaide quant à elle pour un contrôle judiciaire, soulignant que « depuis huit ans, la justice n’a plus entendu parler de lui » et qu’il « travaille régulièrement ».
Liberté sous surveillance
Le tribunal tranche finalement en faveur d’un contrôle judiciaire assorti d’une interdiction de fréquenter le magasin Métro. Soulagé, Rayan remercie et persiste dans ses explications : « Quand je suis entré à Métro, c’était pour demander de l’aide. Je voulais qu’on appelle la police. » Une version des faits qui sera scrutée lors du procès définitif, en gardant à l’esprit que le prévenu reste présumé innocent.


