L’association Coxa-Plana présente la 55e session de visionnage de Gran Lux dans ses locaux du 11 bis rue de l’Égalerie à Saint-Étienne (Bellevue). Cette programmation de dix jours transforme l’espace associatif en laboratoire cinématographique, accessible moyennant une adhésion annuelle de 3 euros.
Des chefs-d’œuvre restaurés en 35mm
La sélection fait la part belle aux grands maîtres du cinéma avec des projections argentiques d’exception. Sergio Leone ouvre les festivités avec « Le Bon, la brute et le truand » (1966), western spaghetti mythique projeté dans sa version Techniscope originale.
Alfred Hitchcock suit avec « Vertigo » (1958) en VistaVision, thriller psychologique considéré comme l’un des sommets de l’art cinématographique. Luis Buñuel complète ce triptyque d’auteurs avec « Viridiana » (1961), pamphlet anticlérical qui avait défrayé la chronique sous Franco.
David Lynch débarque en numérique avec « Inland Empire » (2006), film-fleuve de près de trois heures tourné en vidéo numérique. David Fincher représente le cinéma contemporain avec « Zodiac » (2007), enquête obsessionnelle sur le célèbre tueur en série californien.
Le cinéma de genre s’illustre par « Le Masque du Démon » de Mario Bava (1960), classique gothique italien accompagné du court-métrage « Monsters We’ve Known & Loved » de Jack Haley Jr.
Deux soirées performances enrichissent cette programmation singulière. « Morfologías Fluctuantes » réunit Barbara Ghidini, Antonio Bértolo et Alfredo Costa Monteiro du collectif barcelonais Crater-Lab pour une création mêlant quatre projecteurs 16mm, eau, prismes et oscillateurs.
Gaëlle Rouard et Lê Quan Ninh proposent « Silver Sillon », performance associant projecteurs 16mm, pellicule, platines vinyle et objets divers dans une exploration des mouvements rotatifs.

Hommage aux maîtres de l’animation expérimentale
Kenneth Anger, figure légendaire du cinéma underground américain, est à l’honneur avec « Inauguration of the Pleasure Dome » (1954) et « The Man We Want to Hang » (2002). Martha Colburn complète ce programme avec plusieurs courts-métrages Super8 gonflés en 16mm, explorant l’imagerie pop et les obsessions américaines.
« Godzilla on Monster Island » (1972) représente l’âge d’or du cinéma fantastique japonais, projeté en 16mm malgré son origine 35mm. « Fondu au Noir » de Vernon Zimmerman (1980) interroge la frontière entre cinéphilie et pathologie avec l’histoire d’Eric Binford, projectionniste amateur devenu tueur en série.
Programmation pratique
Les séances se déroulent avec des tarifs variant de 5 à 6 euros, des formules pass permettant de combiner certains spectacles. La session se clôture par un DJ set vinyle gratuit de Mr. Xav, prolongeant l’expérience cinéphile sur le dancefloor.


