L’homme, prénommé Fabrice, assure avoir subi des brutalités lors d’une intervention policière qui a mal tourné, mi-juillet dernier, près de l’église place du Breuil.
Tout commence banalement : une automobiliste se plaint d’être bloquée par un véhicule mal garé. Les policiers municipaux interviennent, mais c’est l’escalade quand Fabrice, client d’un bar voisin, s’approche pour « aider ». Le dialogue tourne au vinaigre. Les forces de l’ordre dégainent les bombes lacrymogènes et procèdent à l’arrestation de l’homme, qui finit la tête contre le bitume avec une lèvre éclatée.
Emmené au commissariat de Saint-Étienne, le père de famille passe plusieurs heures en garde à vue et reçoit trois jours d’arrêt de travail pour ses blessures. Le plus traumatisant selon lui : sa fillette de 10 ans, témoin de la scène, reste seule sur place pendant qu’il est menotté. Il ne parvient à joindre sa mère qu’à 1h30 du matin.
Marc Petit sort l’artillerie lourde sur Facebook
L’ancien maire de Firminy, aujourd’hui dans l’opposition, s’empare de l’affaire avec virulence. Sur la page « Ensemble pour Firminy », Marc Petit dénonce un « appelou innocent victime de la police municipale » et accuse les services de la ville d’incompétence totale dans les ligne du Progrès.
L’élu d’opposition charge l’équipe de Julien Luya : selon lui, les agents auraient dû sanctionner l’auteur du stationnement gênant au lieu de s’en prendre à celui qui venait prêter main forte. Il martèle que l’enfant a été abandonnée, provoquant une vague d’indignation sur les réseaux sociaux.
Marc Petit ne s’arrête pas là et élargit sa critique à l’ensemble de la gestion municipale, estimant que « les élus sont dépassés et n’arrivent pas à gérer, causant de nombreux dysfonctionnements dans les services. »
La mairie contre-attaque et défend ses troupes
Du côté de l’Hôtel de Ville, on rejette catégoriquement cette version des événements. Les autorités soutiennent mordicus que la fillette n’a jamais été laissée seule : elle serait rapidement retournée dans l’établissement où elle était connue du personnel, et sa mère aurait été contactée.
La municipalité justifie l’usage du gaz lacrymogène par la nécessité de protéger ses agents face à un individu « excité ». Elle rappelle les drames récents impliquant des policiers pour expliquer leur prudence accrue.
Julien Luya, le maire actuel, monte au créneau contre son prédécesseur. Il dénonce « l’irresponsabilité de Marc Petit » qui diffuse selon lui une version erronée sans vérification. L’édile voit dans cette polémique une tentative de déstabilisation de sa politique sécuritaire en vue des prochaines élections municipales.
Plaintes croisées et version floue des événements
L’affaire prend une tournure judiciaire avec des plaintes dans les deux camps. Fabrice accuse la police municipale de violences, tandis que les agents l’attaquent pour violences, outrages, propos racistes, menaces de mort et rébellion.
Le taux d’alcoolémie de 0,30 g par litre de sang relevé lors de sa garde à vue complique le dossier, même si l’intéressé affirme n’avoir consommé que deux bières.
Les images de vidéosurveillance pourraient éclaircir les zones d’ombre, notamment sur la présence effective de l’enfant et le déroulement exact des faits. Marc Petit assure détenir des témoignages concordants, dont celui d’un agent municipal, confirmant l’abandon temporaire de la fillette.
Une bataille politique qui dépasse le fait divers
Au-delà de l’incident lui-même, cette polémique révèle les tensions politiques locales. D’un côté, une majorité qui revendique une politique de sécurité renforcée et refuse qu’on salisse le travail de ses agents. De l’autre, une opposition qui flaire la faille et dénonce des dérives autoritaires.
Le parquet de Saint-Étienne reste muet sur l’instruction en cours, laissant chaque camp camper sur ses positions. Quant à Fabrice, désabusé, il confie ne « rien attendre de la justice ».


