Cet aéronef biplace, unique en son genre en Europe avec sa certification 100% électrique, a été présenté par l’École nationale d’aviation civile dans le cadre de l’événement aéronautique phare de la Loire.
Avec ses dimensions de poupée géante : 6 mètres 50 de long pour seulement 420 kilogrammes à vide, cette merveille technologique peut sembler dérisoire face aux mastodontes militaires qui écument habituellement les meetings. Pourtant, derrière son allure de prototype sortie d’un laboratoire se cache un véritable concentré d’innovation qui pourrait bien révolutionner l’apprentissage du pilotage.
Sa vitesse maximale de 200 kilomètres par heure et ses 50 minutes de vol en font certes un appareil aux capacités limitées pour le grand voyage, mais parfaitement adapté à sa vocation pédagogique. L’ENAC possède deux de ces machines dans sa flotte pour initier ses élèves pilotes aux joies du vol propre.
L’écologie décolle enfin dans l’aéronautique
Jean-Marie Courrier, instructeur chevronné de l’école toulousaine, ne cache pas son enthousiasme pour cette technologie verte. Contrairement aux appareils traditionnels qui engloutissent des litres de kérosène, particulièrement au décollage, le Velis fonctionne grâce à deux batteries qui n’émettent aucun gaz polluant.
Au-delà de l’aspect environnemental, c’est la discrétion sonore de l’appareil qui séduit. Avec des niveaux sonores de seulement 60 dBa, le Velis Electro est considérablement plus silencieux que les autres avions biplaces. Une aubaine pour les riverains d’aérodromes, lassés des nuisances acoustiques générées par l’aviation traditionnelle.
Des batteries capricieuses qui coûtent un bras
Mais cette technologie d’avant-garde a ses revers. Les accumulateurs du Velis, véritables cœurs de l’appareil, pèsent à eux seuls 250 kilogrammes – soit plus de la moitié du poids total de la machine. Ces monstres énergétiques, d’une valeur de 45 000 euros pièce, doivent être remplacés après 500 heures d’utilisation seulement.
Les conditions météorologiques constituent un autre défi majeur. L’avion refuse catégoriquement de décoller si la température extérieure dépasse 45 degrés ou descend sous les 11 degrés. Un caprice thermique qui limite considérablement la fenêtre d’exploitation, particulièrement problématique pour une école de pilotage qui doit assurer une formation continue.
Paradoxalement, ces contraintes techniques masquent un potentiel impressionnant : contrairement aux moteurs atmosphériques qui perdent en efficacité avec l’altitude, le système électrique maintient ses performances jusqu’à 6 000 mètres. Dommage que l’autonomie restreinte empêche d’atteindre de telles hauteurs.
Une révolution en marche malgré les obstacles
L’instructeur de l’ENAC reste optimiste quant aux perspectives d’évolution. Il établit un parallèle avec l’industrie automobile, où l’électrique s’est progressivement imposé, tout en soulignant les spécificités du secteur aéronautique. La certification d’un nouvel appareil nécessite trois à quatre années de développement minutieux, dans un domaine où l’innovation technique stagne depuis des décennies.
Pierre De Paolis, organisateur du meeting roannais, justifie la présence de cet appareil par une volonté de coller aux préoccupations écologiques contemporaines. Il mise sur la sensibilité environnementale des jeunes générations pour porter cette transition technologique, même si le chemin reste encore long.
Roanne s’envole vers l’avenir
Le meeting de Roanne, qui s’est déroulé les 13 et 14 septembre 2025 pour sa 51e édition, a proposé plus de 8 heures de spectacle avec un plateau exceptionnel incluant Rafale, Patrouille de France, et de nombreux autres appareils. Dans ce ballet aérien traditionnel, le petit Velis Electro a apporté une note de modernité et d’espoir.
Au sol, les stands et animations ont permis aux 20 000 visiteurs attendus de découvrir cette technologie émergente. Entre démonstrations de voltige et présentations d’avions de légende, l’aviation électrique a trouvé sa place dans ce temple de la mécanique volante.


