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Deux jeunes mineurs résidant à Unieux en ont été les victimes. Une enquête a été ouverte et confiée à la Division de la criminalité territoriale de Saint-Étienne.
une dispute de vestiaire aux conséquences dramatiques
Tout commence lors d’un entraînement de football au sein de l’Olympique Club Ondaine Fraisses/Unieux. Une altercation verbale éclate entre Abdoul et un coéquipier. Dans le feu de l’échange, le jeune homme profère une insulte visant la sœur de son partenaire, ignorant que cette dernière est décédée peu de temps auparavant.
Malgré des excuses répétées, la situation dégénère rapidement. La famille de Abdoul (1) reçoit des photos menaçantes sur les réseaux sociaux, montrant des individus armés devant leur domicile. Le jeune homme est également attendu à plusieurs reprises devant son lycée par des inconnus, instaurant un véritable climat de terreur.
un rendez-vous transformé en piège
Le dimanche 8 février, Abdoul reçoit un message l’invitant à rejoindre le parc des Bruneaux pour « avoir une discussion ». Croyant pouvoir enfin résoudre le conflit, il se rend sur place accompagné d’un ami, également mineur et habitant d’Unieux.
Dès leur arrivée, les trois personnes qui les accueillent leur demandent de désactiver la localisation de leurs téléphones portables. Comprenant que la situation risque de mal tourner, les deux jeunes hommes n’ont cependant pas le temps de réagir. Emmenés plus profondément dans la forêt, ils découvrent dans une clairière isolée une dizaine d’individus déterminés à en découdre.
une violence inouïe infligée à deux adolescents
Ce qui suit tient du cauchemar. Contraints de se déshabiller jusqu’au caleçon, les deux amis sont roués de coups de poing et de pied sur l’ensemble du corps. Leurs agresseurs procèdent ensuite à une humiliation supplémentaire en leur rasant les cheveux, avant de reprendre les coups. Les deux victimes sont également touchées par des décharges de pistolets à impulsion électrique.
Selon nos informations, l’un des agresseurs aurait sorti une arme et placé le canon dans la bouche des deux jeunes hommes, poussant l’ignominie à son paroxysme. Sous le choc, Abdoul a regagné son domicile sans rien dire dans un premier temps, ne voulant pas alarmer sa famille. C’est auprès d’un proche qu’il se confiera quelques heures plus tard, avant que la situation ne conduise au dépôt d’une plainte.
une enquête ouverte, une mère sous le choc
Sérieusement blessé physiquement et profondément ébranlé psychologiquement, Abdoul a finalement déposé plainte auprès des services de l’Hôtel de police de Saint-Étienne, tout comme sa mère Fatima, dont la voix trahissait l’émotion en témoignant auprès de notre rédaction. « De la colère et de l’incompréhension », résume-t-elle face à cette agression d’une violence inouïe.
Les services de police ont confirmé que l’enquête a été confiée aux agents de la Division de la criminalité territoriale, précisant qu’il n’était pas possible de communiquer davantage sans compromettre les investigations en cours. La procureure de la République de Saint-Étienne, Anne Gaches, n’a pas répondu aux sollicitations de notre rédaction.
(1) Les prénoms ont été modifiés à la demande de la famille.


