©42info
Tout commence en 2008. La victime hérite d’une maison à Vivans et souhaite la rénover entièrement. Une connaissance lui propose alors les services de son compagnon, présenté comme capable de prendre en charge les travaux. La victime, déjà atteinte à cette époque de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, une pathologie neuromusculaire évolutive qui la place en situation de vulnérabilité selon les médecins, accepte.
Entre 2009 et 2011, sept factures sont émises par la prévenue et réglées sans sourciller par la victime. Le total atteint 242 272 euros. Ce n’est qu’en 2014, lors d’une visite d’un agent immobilier mandaté pour mettre le bien en vente, que le pot aux roses est découvert : la maison est loin d’être rénovée. Selon une expertise judiciaire, le peu de travaux effectivement réalisés sur place ne représente pas plus de 22 000 euros.
À la barre, une prévenue aux déclarations hermétiques
Mardi, seule la femme du couple était présente à l’audience, son compagnon étant dans l’incapacité de comparaître pour raisons de santé. La victime, elle aussi absente, s’est exprimée par la voix de son avocate, Me Leduc-Belval, qui a rappelé que l’état de santé de sa cliente l’avait empêchée de se rendre sur le chantier pendant toute la durée des travaux.
Face aux juges, la prévenue a nié en bloc, affirmant ne pas reconnaître les sommes mentionnées et assurant que les factures avaient été établies en accord avec la victime, laquelle aurait même été présente sur le chantier. Une version contredite par les déclarations de son propre compagnon aux enquêteurs, qui n’avait à aucun moment évoqué la participation de la victime aux travaux. Poussée dans ses retranchements par son propre avocat, la prévenue a finalement concédé que « les travaux n’ont pas été terminés ».
Des réquisitions sévères, un délibéré en avril
Le procureur de la République a requis deux ans de prison avec sursis simple pour le compagnon et trois ans avec sursis simple pour la prévenue, assortis dans les deux cas d’une amende de 10 000 euros. Il a reconnu avoir tenu compte de l’état de santé des prévenus et de l’ancienneté de la procédure, tout en dénonçant la rigidité des déclarations de la prévenue tout au long des débats.
La défense a tenté de contester la vulnérabilité de la victime, soulignant qu’elle conduisait encore en 2010, et a mis en avant l’absence de tout signal d’alerte bancaire face aux virements successifs. Des arguments que le tribunal devra peser. La décision sera rendue le 28 avril prochain.


