Le SCABB, né il y a un an et demi de la fusion entre les entités de Saint-Chamond et d’Andrézieux, compte aujourd’hui 27 salariés et affiche des ambitions solidement ancrées dans le territoire ligérien. En face, l’université Jean Monnet représente un poids lourd académique : 20 000 étudiants, 24 laboratoires et un campus de santé qui vise le leadership européen.
La convention formalisée ce mardi ne part pas de zéro. Les deux structures collaboraient déjà en coulisses, échanges de matériel, études sur la biomécanique du pied, travaux sur la fatigue musculaire, mais sans cadre officiel. Ce partenariat, fondé sur la gratuité et la réciprocité, structure désormais cette relation.
La science comme avantage concurrentiel
L’enjeu est double. Pour le club, s’appuyer sur des données scientifiques rigoureuses permet de prendre de l’avance sur les adversaires, mais aussi de protéger un capital humain coûteux. Un joueur blessé, c’est une indisponibilité à gérer, un remplaçant à recruter et un budget supplémentaire à mobiliser. Certains joueurs du SCABB se rendent déjà à l’Irmis pour des bilans approfondis, dans une démarche encadrée pour que les athlètes ne se sentent pas comme des cobayes.
Pour l’université, l’intérêt est tout aussi concret : dans un environnement scientifique très compétitif, accéder à des données issues du sport de haut niveau constitue un avantage considérable. Le monde professionnel devient un terrain d’expérimentation grandeur nature.
Un savoir-faire reconnu jusqu’en NBA
Si le volume de blessures dans le sport professionnel n’a pas diminué depuis les années 1990 les charges de travail n’ont cessé d’augmenter, les outils d’analyse et de prévention ont, eux, considérablement progressé. Les laboratoires stéphanois n’ont pas attendu cette convention pour se faire remarquer : certaines thèses issues de l’université Jean Monnet ont déjà suscité l’intérêt de franchises NBA. Après un partenariat similaire noué avec l’ASSE en 2023, l’université confirme une stratégie claire : faire du sport professionnel ligérien un laboratoire vivant, au bénéfice des athlètes comme de l’avancement des connaissances.


