Le dernier conseil municipal de la mandature s’est achevé lundi soir sur une surprise politique : le Plan local d’urbanisme, fruit de plusieurs années de travail, a été rejeté par une partie des élus de la majorité. Une volte-face qui a visiblement pris de court la maire sortante, à moins de quinze jours des élections.
La séance avait pourtant bien commencé. Le budget principal de la commune pour 2025, d’un montant global de 5 645 563 euros, a été adopté à l’unanimité, dégageant un excédent de 1,6 million d’euros. L’adjoint aux finances Jean-Marc Galley a salué le niveau d’investissement atteint ces trois dernières années, notamment sur des chantiers lourds comme la rénovation de l’église. Les budgets annexes de l’eau et de l’assainissement affichent également des excédents, transférés à la communauté de communes. Seule la maison de santé présente un résultat légèrement négatif, un emprunt de 50 000 euros étant envisagé pour y faire face.
Le PLU, pomme de discorde de trop
Tout bascule au moment du vote sur le Plan local d’urbanisme. Henry Nigay prend la parole pour demander un report, invoquant des ajustements encore nécessaires et des désaccords persistants, notamment de la part d’agriculteurs concernés par certains aménagements. L’argument est balayé par Claude Mondesert, qui rappelle qu’une enquête publique a permis à chacun de s’exprimer et que des modifications resteront possibles lors du passage en intercommunalité. Rien n’y fait : seize élus votent contre, une abstention est enregistrée, huit voix seulement soutiennent le texte. Le PLU est rejeté.
La maire sortante dénonce une décision qu’elle juge irresponsable et partisane, d’autant plus incompréhensible que plusieurs des élus opposants avaient participé à l’élaboration du document sans jamais formuler de réserves. Elle rappelle que ce PLU a mobilisé plus de 100 000 euros de fonds publics, désormais perdus. Du côté dissident, Mathieu Mouragne assume la démarche, reconnaissant ne pas avoir prévenu de son opposition, en réponse, dit-il, à une délibération ajoutée en dernière minute à l’ordre du jour sans concertation. Il juge par ailleurs peu opportun de voter un document contesté à quinze jours d’un scrutin, estimant que la future équipe municipale sera mieux placée pour le finaliser.
Une fin de séance sous haute tension
L’atmosphère ne s’est guère détendue pour les délibérations suivantes. La demande de subvention déposée par Sylvie Delobelle — coiffeuse figurant en deuxième position sur la liste du candidat Jean-Pierre Taite et membre du groupe opposé au PLU — a cristallisé un peu plus les tensions. Sept conseillers, dont Marianne Darfeuille, ont voté contre cette aide, qui a néanmoins été adoptée. Un dernier accroc symptomatique d’une mandature qui s’achève sur une fracture politique, à quelques jours d’un scrutin qui dira si les électeurs de Feurs trancheront dans un sens ou dans l’autre.


