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Les Stéphanois n’ont pas hésité. Au soir du premier tour, la sanction contre la majorité sortante est brutale et lisible : Marc Chassaubéné, candidat adoubé par le maire en exercice Jean-Pierre Berger et assumant pleinement la filiation avec Gaël Perdriau, condamné à cinq ans de prison, n’a convaincu que 6,72 % des électeurs, soit 2 911 voix. Un score qui le place à peine au-dessus d’Éric Le Jaouen, parfait inconnu de la scène politique locale avant la campagne. L’humiliation est totale : même à Rochetaillée, fief historique de Perdriau et de Chassaubéné, ce dernier termine deuxième derrière Régis Juanico.
Une campagne qui n’a rien imprimé
Pourtant, la machine de campagne avait tourné à plein régime. Promesses ambitieuses, omniprésence sur les réseaux sociaux, vidéos en cascade, discours offensifs sur le bilan municipal : rien n’a pris. L’héritage de douze ans de mandat, présenté comme un atout, a été perçu comme un boulet. La proximité revendiquée avec l’ancien maire condamné, que Chassaubéné jugeait lui-même ne pas être un handicap, s’est révélée rédhibitoire. Les Stéphanois ont tranché avec une clarté qui ne laisse guère de place à l’interprétation.
Labich, l’habileté ne suffit pas
Siham Labich, candidate dissidente soutenue par dix élus de la majorité, a fait mieux que son ancien camp, 9,36 % et 4 051 voix, mais rate elle aussi la qualification pour le second tour. Sa tentative tardive de se démarquer de Perdriau, dans les dernières semaines de campagne, lui a permis de limiter les dégâts sans inverser la tendance. Réunis, les deux candidats de la droite sortante n’auraient de toute façon totalisé que 16 % des suffrages : l’arithmétique confirme que l’union n’aurait pas suffi à changer le destin.
Jean-Pierre Berger, maire actuel, ne peut que prendre acte. Il estime le bilan municipal satisfaisant et rappelle la transformation engagée depuis 2014. Mais il reconnaît que les électeurs ont voulu passer à autre chose, sortir de l’ombre de l’affaire Perdriau. Il impute en partie ce rejet à une surexposition médiatique de l’affaire ces dernières années. De son côté, Marc Chassaubéné a clos sa page Facebook de campagne dès le lendemain matin, en remerciant ses soutiens et en estimant que le contexte seul l’avait empêché de l’emporter. Une façon pudique d’admettre que les dés étaient pipés avant même le premier coup de dé.


