La maison est fouillée pendant de longues heures, jusqu’à ce que, vers 17 heures, quelqu’un soulève la bâche recouvrant la piscine creusée dans le jardin. Le corps du quadragénaire est découvert, dissimulé sous la bâche lestée de dalles de carrelage. La police n’est contactée que tardivement, sur une scène déjà largement perturbée par les allées et venues.
Noyade certaine, circonstances inconnues
Les analyses scientifiques ont établi que Philippe Boufferet est mort par noyade dans sa propre piscine. Mais comment s’est-il retrouvé sous cette bâche tendue et scellée au-dessus de l’eau, avec seulement 1,40 mètre de profondeur ? L’ancien procureur de Roanne, qui a supervisé l’enquête préliminaire avant de la transmettre au parquet de Saint-Étienne, résume l’équation judiciaire : accident, suicide ou meurtre. La première hypothèse paraît très improbable au regard des circonstances. La seconde peine à convaincre, faute de substances incapacitantes dans l’organisme, hormis un taux d’alcoolémie de 1,80 g/l. Quant au meurtre, aucune trace de l’intervention d’un tiers n’a été relevée, ni sur le corps ni sur la scène. Trois ans après, l’ancien procureur admet lui-même ne pas savoir ce qu’il s’est passé.
Une famille suspendue dans le vide
En septembre 2023, la famille dépose plainte pour meurtre auprès du procureur de Saint-Étienne et un juge d’instruction est désigné. Mais depuis, le silence. La sœur de Philippe, Isabelle Boufferet, dénonce l’absence totale de communication des enquêteurs. Des éléments de procédure devaient lui être transmis en décembre 2025 : elle n’a rien reçu. Nos sollicitations auprès de l’actuelle procureure de la République de Saint-Étienne sont restées sans réponse.
Appel à témoins, médias, et toujours rien
En juin 2025, la famille avait participé à l’émission Appel à témoins sur M6, dans l’espoir de faire émerger de nouveaux témoignages. Sans résultat probant. Un seul élément inédit avait alors été rapporté : la veille de sa mort, Philippe Boufferet avait été aperçu dehors en train de fumer, comportement jugé inhabituel pour quelqu’un qui fumait habituellement à l’intérieur. Plusieurs pistes ont été évoquées — fréquentations douteuses, dette, relation de couple conflictuelle — mais aucune n’a été étayée par des preuves.
La compagne se dit victime de diffamation
L’avocat de la compagne de Philippe Boufferet tient à rappeler que sa cliente n’est ni mise en examen ni soupçonnée par la justice. Il dénonce des années d’attaques médiatiques qu’il juge infondées, et souligne que sa cliente a choisi de réserver l’intégralité de ses déclarations à l’institution judiciaire, refusant toute prise de parole publique pour ne pas alimenter ce qu’il qualifie d’acharnement méthodique.
La piste de la cellule cold cases
Face à une enquête qui semble piétiner, un ancien procureur, spécialiste des affaires non résolues et expert lors de l’épisode d’Appel à témoins, suggère à la famille de saisir la cellule nationale dédiée aux cold cases, rattachée au parquet de Nanterre. Accessible dix-huit mois après l’ouverture d’une procédure, cette cellule pourrait apporter un regard neuf sur un dossier qui, trois ans après les faits, n’a toujours pas livré ses secrets. Le 11 avril 2026, Isabelle Boufferet et ses parents se sont recueillis sur la tombe de Philippe, portant avec eux le poids du deuil, la frustration des questions sans réponse, et l’espoir tenace qu’un jour la vérité éclate.


