Le changement est brutal. Jusqu’à récemment, le parking du Lidl de Rive-de-Gier constituait un espace de stationnement libre d’accès, utilisé depuis des décennies par les riverains du quartier Richarme. Désormais, la tolérance se limite à une heure trente gratuite pour les courses. Au-delà, le compteur s’emballe à trois euros par quart d’heure, un tarif que les habitants comparent, amers, à celui des grandes métropoles.
Des situations kafkaïennes et des notes astronomiques
Les témoignages s’accumulent et certains frisent l’incroyable. Leïla a laissé son véhicule de 17h à 21h sans prêter attention aux nouvelles règles : la facture a frôlé les 40 euros. Mohammed, lui, a garé sa voiture un samedi, les barrières étant ouvertes à son arrivée. Revenu le lundi à 5h du matin pour partir travailler à Lyon, il s’est retrouvé face à une demande de paiement de près de 500 euros, preuve à l’écran à l’appui. Orienté vers un formulaire de contact par le responsable du magasin, il est reparti sous le choc, sans solution.
Une crise du stationnement bien antérieure
La fermeture effective du parking n’est que le révélateur d’un problème structurel plus ancien. Les rues du quartier sont depuis des années saturées par des automobilistes qui y abandonnent leur véhicule avant de prendre le train. Les élus avaient été alertés, sans que des mesures concrètes ne suivent. Le parking du Lidl faisait alors office de soupape. Aujourd’hui, cette soupape a sauté.
Les conséquences sont immédiates et touchent les plus vulnérables. Une riveraine qui rentre du travail vers 20h se voit contrainte de se garer avenue Charles-de-Gaulle et de regagner son domicile à pied dans l’obscurité. Des personnes âgées peinent à porter leurs courses sur de longues distances. Le parking reste vide après la fermeture du magasin tandis que les habitants continuent de tourner en rond.
Des pistes municipales, mais pas encore de solutions
Face à la mobilisation qui se prépare, une pétition doit être lancée prochainement, la nouvelle municipalité assure travailler sur le dossier. L’adjoint au commerce Tanjou Demiral reconnaît connaître la problématique et évoque des pistes en cours d’étude pour dégager des capacités de stationnement à proximité. Les habitants, eux, avancent leurs propres propositions : une carte de résident, un abonnement mensuel, une concertation qui n’a jamais eu lieu.


