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Il y a ceux que le public voit, et ceux que le public ne verra jamais. Derrière les enclos visibles du parc, une autre réalité s’active en silence : des animaux saisis à des particuliers, confisqués à des trafiquants, abandonnés par des propriétaires dépassés. C’est pour eux que Tonga Terre d’accueil existe. Et l’association, forte de plus de 1 000 adhérents, n’a jamais été aussi sollicitée.
Le trafic de servals repart de plus belle
Depuis l’été 2025, les signalements se multiplient. Le trafic de servals, ces félins sauvages victimes d’une demande persistante comme animaux de compagnie, connaît une recrudescence préoccupante, qui se traduit concrètement par un afflux de demandes d’accueil adressées à l’association. Chaque week-end et chaque jour férié, des bénévoles tiennent un stand dans le parc pour sensibiliser les visiteurs à ces réalités méconnues. Un travail de fourmi, indispensable, qui nourrit à la fois les adhésions et la mobilisation citoyenne autour de la cause.
2028 : l’heure de vérité pour les fauves de cirque
Une échéance se profile à l’horizon, lourde de conséquences pour le monde de la protection animale. D’ici 2028, la détention d’animaux sauvages dans les cirques français sera interdite. Or, entre 400 et 500 fauves se trouvent encore dans ces structures. Des saisies et des abandons volontaires ont déjà commencé. Tonga se prépare à absorber une partie de ce flux : de nouveaux bâtiments, dimensionnés pour accueillir une vingtaine de félins issus des cirques, sont en projet. Les travaux devraient démarrer en 2027 pour une mise en service calée sur l’échéance légale.
En parallèle, l’association travaille sur la réintégration des animaux recueillis au sein de groupes déjà constitués. Plusieurs magots et capucins, saisis chez des particuliers, ont ainsi pu rejoindre des congénères déjà présents dans le parc, une étape essentielle pour des espèces dont l’équilibre dépend de la vie sociale.
Un lion en Afrique du Sud, des servals bientôt dans ses traces
Le projet ROAR3, Retour aux origines pour les animaux recueillis, incarne la dimension la plus symbolique du travail de l’association. Un jeune lion mâle a récemment été transféré dans une réserve sud-africaine de près de 3 500 hectares, où chaque individu dispose d’un espace dédié de sept hectares. Il y sera prochainement présenté à une femelle dont le mâle est mort — une vie en couple, sans reproduction, mais une vie enfin digne de son espèce.
Quatre servals devaient l’accompagner dans ce voyage vers le continent africain. Des contraintes administratives ont retardé leur départ, désormais attendu courant juin. Leur cas illustre une réalité biologique que le vétérinaire de l’association rappelle volontiers : contrairement aux lions, trop conditionnés par la présence humaine pour retrouver une autonomie totale, les servals récupèrent très rapidement leurs réflexes sauvages. Le retour à la nature, pour eux, reste possible.


