La stupeur a été totale. Dans les couloirs de l’école primaire privée Sainte-Enfance, à La Grand-Croix, personne n’imaginait que les ventes de sapins de Noël, de brioches et d’agrumes organisées année après année par l’association de parents d’élèves pouvaient alimenter, en parallèle, la poche de celle qui en tenait les rênes. Pourtant, c’est bien ce que la justice a établi cette semaine : l’ancienne présidente de l’Apel, à la tête de l’association entre 2016 et 2024, a été condamnée mercredi 27 mai à huit mois de prison avec sursis pour détournement de fonds.
Un nouveau bureau, des comptes qui ne collent pas
Tout a basculé à l’automne dernier. En septembre 2024, le bureau de l’association est intégralement renouvelé. Les nouveaux membres, en prenant leurs marques, se penchent sur la comptabilité, et tombent sur des irrégularités. Une plainte contre X est déposée en début d’année 2026. L’enquête qui s’ensuit aboutit, cette semaine, au placement en garde à vue de l’ex-présidente au commissariat du Gier, à Saint-Chamond. Entendue par les enquêteurs, elle aurait reconnu les faits et promis de rembourser les sommes prélevées, qui s’élèveraient, selon nos informations, à 40 000 euros. Un chiffre que le chef d’établissement, Gaël Scalia, ne confirme pas formellement : le montant exact sera tranché lors d’une procédure civile prévue début 2027, si aucun appel n’est interjeté.
Une précision tient à cœur à la direction : la mise en cause est seule dans cette affaire. Aucun autre membre du bureau n’est impliqué, aucune complicité n’a été retenue.
Huit ans de prélèvements, zéro impact sur les élèves
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est la durée. La grande majorité des détournements remonterait au début du mandat, soit aux premières années après 2016. Pendant près d’une décennie, les actions classiques de l’Apel — kermesse de fin d’année, ventes saisonnières, auraient donc été, au moins en partie, vidées de leur substance financière sans que personne ne s’en aperçoive.
Pour autant, selon le chef d’établissement, les élèves n’ont pas été lésés : sorties scolaires, spectacles de théâtre, séances de cinéma et visites à l’opéra ont continué d’être organisés chaque année pour l’ensemble des classes. Le trou dans la caisse n’a pas saigné les activités pédagogiques. Il a en revanche privé l’école de marges de manœuvre pour de futurs projets, que la direction espère financer dès que les sommes seront restituées. Face à l’onde de choc, la direction a choisi la transparence totale vis-à-vis des familles : un communiqué clair et factuel leur a été adressé pour les informer de la situation.
Une peine assortie d’interdictions strictes
Jugée en comparution immédiate dans le cadre d’une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), l’ancienne présidente a écopé de huit mois de prison avec sursis, assortis de cinq ans d’interdiction de gestion et d’un an d’interdiction d’émission de chèques. Elle dispose d’un délai de dix jours pour faire appel.


