Le débat s’est enflammé en début de semaine après la diffusion, sur les réseaux sociaux de la ville, d’une vidéo dans laquelle Yves Nicolin présente les dispositifs permettant de se rafraîchir en ville. Les écologistes roannais ont réagi en s’interrogeant sur l’efficacité réelle de fontaines et brumisateurs installés sur une place largement bétonnée, et en demandant des comptes sur les actions menées le reste de l’année pour réduire l’impact climatique du territoire.
Le maire défend un bilan engagé depuis 2014
Interpellé par ses adversaires politiques, Yves Nicolin retourne la question en leur demandant ce qu’ils ont eux-mêmes accompli, avant de détailler son action depuis sa prise de fonction en 2014. Il cite notamment le passage à l’électrique de la flotte de bus de la STAR ainsi qu’un dispositif d’aide à la rénovation des bâtiments accessible sans condition de ressources, qui aurait permis de traiter environ 1 500 logements dans l’agglomération roannaise, majoritairement à Roanne. Il rappelle également que, sur les 130 millions d’euros gérés par Ophéor, organisme qu’il préside, 90 millions seront consacrés à la modernisation du bâti existant.
Le maire reconnaît une marge de progression sur la végétalisation de la ville, tout en revendiquant la plantation de 2 150 arbres, un chiffre supérieur à l’objectif initial du plan « 2026 arbres ». Il annonce la mise en place, dès cet hiver, d’un dispositif permettant aux particuliers de végétaliser leur façade : les propriétaires intéressés financeraient l’achat des plants, la ville prenant à sa charge le carottage des trottoirs nécessaire à leur installation. Il évoque également la création d’une forêt urbaine sur la plaine de Fontalon, un espace déjà végétalisé mais composé essentiellement de grandes pelouses, ainsi que des négociations en cours pour le rachat de la friche TAR, où une forêt urbaine pourrait également voir le jour en préservant les grands arbres matures déjà présents.
Le collectif 88 % dénonce des contradictions
Ces annonces ne convainquent pas Franck Beysson, du collectif 88 %, qui a dénoncé, dans une publication du mardi 23 juin, le décalage entre la promotion de brumisateurs sur la place de l’Hôtel-de-Ville et l’abattage de quatorze arbres de grande envergure sur cette même place en 2025, dans le cadre d’un simple réaménagement ayant réintroduit du stationnement. L’élu de gauche reproche également au président de l’agglomération roannaise son soutien à l’aéroport ainsi que la construction d’un nouveau centre aqualudique, qu’il juge incompatibles avec les engagements climatiques affichés.
Le maire de Roanne balaie ces critiques en ironisant sur le score électoral du collectif 88 % aux dernières municipales, avant d’affirmer sa fierté du travail accompli. Il s’appuie sur le dernier profil territorial de l’Observatoire régional climat air énergie, qui constate selon lui une baisse des émissions de gaz à effet de serre, une amélioration de la qualité de l’air et une diminution de la consommation énergétique sur le territoire. Il concède que les effets du dérèglement climatique se font déjà sentir, tout en rappelant que la transformation d’une ville s’inscrit sur plusieurs décennies. Il dit accepter la critique, mais pas l’ignorance, et affirme avoir engagé ces actions également par conviction personnelle.


