La rentrée culturelle s’annonce chargée à La Comédie de Saint-Étienne. Après plusieurs semaines consacrées aux répétitions et à la préparation des nouvelles productions, les salles du Centre dramatique national vont retrouver le public dès le début du mois d’octobre.
La programmation 2026-2027 affiche une ligne particulièrement large. Les grands auteurs du répertoire côtoieront de nouvelles écritures, tandis que théâtre documentaire, danse, cirque et propositions destinées aux familles viendront compléter la saison.
Cette diversité traduit aussi la vocation de La Comédie : accueillir des spectacles venus d’ailleurs tout en restant un lieu de création. Pour cette nouvelle saison, sept artistes sont associés à La Fabrique et douze équipes artistiques bénéficient d’une coproduction.
La saison démarre le 6 octobre avec deux créations
La Comédie ouvrira véritablement sa saison le mardi 6 octobre 2026 avec deux créations présentées simultanément.

Benoît Lambert proposera La Mélancolie des paquebots, visible jusqu’au 16 octobre. Cette comédie noire met en scène cinq hommes évoluant dans les vestiges d’un intérieur bourgeois. Entre humour, désillusion et regard politique, le spectacle observe un univers masculin qui semble arriver au bout d’un cycle. La création sera ensuite présentée à Dijon puis à Paris.
Autre création très attendue : Nos corps désirants, présentée du 6 au 9 octobre. Le spectacle interroge le désir, les représentations du corps et leurs transformations dans une société profondément marquée par les débats contemporains sur les relations entre les femmes et les hommes.

Dès cette première semaine, La Comédie donne donc le ton : utiliser la scène pour observer les mutations de la société, tout en conservant une place importante à la fiction et au plaisir du spectacle.
En novembre, la création régionale prend le pouvoir
Le mois de novembre sera notamment marqué par le retour de Courts-circuits, le rendez-vous consacré à la création contemporaine régionale.
Pour sa cinquième édition, plusieurs structures culturelles de la Loire et des environs participent à l’événement aux côtés de La Comédie. Des représentations seront proposées à Saint-Étienne, mais également dans différentes salles du territoire.
À La Comédie, le public pourra notamment découvrir Un pouce en cavale, Dialogue entre deux espèces, La Déclaration d’amour de Louis Hee à John Ah-Oui ou encore Les corps incorruptibles.
La danse sera également très présente avec Mussum, création de la compagnie stéphanoise Dyptik, programmée du 17 au 21 novembre.
Beaumarchais s’invitera lui aussi dans cette séquence avec La folle Journée ou Le Mariage de Figaro, présenté du 24 au 27 novembre dans une mise en scène portée par la compagnie La Grande Panique.
Courts-circuits entend ainsi offrir une véritable vitrine aux compagnies émergentes et aux artistes implantés en Auvergne-Rhône-Alpes. Plusieurs partenaires culturels du territoire participent cette année à l’événement.
Tchekhov et un « polar forestier » pour terminer 2026
Décembre poursuivra le grand écart artistique.
Du 1er au 3 décembre, La Comédie accueillera Écorces, polar forestier, un spectacle qui emprunte certains codes de l’enquête pour interroger notre rapport aux forêts et aux territoires.
Quelques jours plus tard, changement radical d’univers avec Ivanov d’Anton Tchekhov.
La pièce sera présentée du 8 au 10 décembre 2026 sous la direction de Jean-François Sivadier. Cette plongée dans l’œuvre du dramaturge russe met au centre un homme gagné par l’ennui, le doute et l’épuisement, dans un spectacle où le tragique côtoie constamment l’ironie.
Avant Noël, les familles pourront également découvrir Qui som ?, de Baro d’evel, du 15 au 17 décembre.
La programmation de fin d’année laissera enfin une place aux élèves de L’École de La Comédie, avec un atelier ouvert au public autour d’Entre deux rives.
Molière ouvre l’année 2027
Le début de l’année sera marqué par le retour d’un monument du théâtre français.
Du 12 au 15 janvier 2027, Benoît Lambert présentera Les femmes savantes de Molière.
La pièce met en scène une famille déchirée autour d’un mariage, mais aussi autour de questions de pouvoir, de savoir et d’émancipation. Plus de trois siècles après sa création, le texte continue de faire résonner les rapports de domination au sein de la famille et la place accordée aux femmes.
Le mois de janvier verra également arriver Minetti, de Thomas Bernhard, du 19 au 21 janvier, puis Dans la grotte, proposé aux familles du 25 au 30 janvier.
Autre rendez-vous : 7 minutes, du dramaturge italien Stefano Massini, programmé du 26 au 28 janvier.
Février entre théâtre familial et créations contemporaines
En février, la programmation continuera d’alterner les formats.
Oiseau [guide de survie], présenté du 2 au 5 février, s’adressera notamment aux familles. Dans le même temps, le public pourra découvrir Face à la mère, de Jean-René Lemoine.
Du 9 au 11 février, Lac artificiel prolongera cette exploration des écritures théâtrales contemporaines.
Une succession de propositions qui illustre la volonté de La Comédie de ne pas enfermer sa saison dans un seul registre.
En mars, Racine côtoie la danse et le théâtre documentaire
Mars sera probablement l’un des mois les plus éclectiques de la saison.
Les 2, 3 et 4 mars, Bâtir explorera les liens entre urbanisme, logements sociaux, trajectoires individuelles et politiques publiques. Le spectacle s’appuie notamment sur des archives, des témoignages et une enquête menée entre la France, la Belgique et l’Algérie.
Aux mêmes dates sera présentée CAPRA (une chèvre).
Les familles pourront ensuite découvrir MIKRO / BARTÓK, avant l’arrivée de Señora tentación, programmée du 9 au 11 mars.
Puis viendra un autre grand classique.
Du 16 au 18 mars 2027, La Comédie accueillera Bérénice de Jean Racine. Jean-René Lemoine s’empare de cette histoire d’amour impossible entre Titus et Bérénice et replace la puissance de la langue racinienne au centre du plateau. La représentation du 17 mars sera par ailleurs proposée en audiodescription.
Aux mêmes dates, Pedro, de Juliette Navis, sera également à l’affiche.
Le cinéma inspire aussi la scène
La saison se poursuivra en avril avec deux propositions programmées presque simultanément.
Du 6 au 8 avril, SILENCE VACARME explorera de nouvelles formes scéniques tandis que Le Silence, présenté du 6 au 9 avril, puisera son inspiration dans l’œuvre cinématographique de Michelangelo Antonioni.
Ce dernier spectacle est porté par Lorraine de Sagazan, artiste associée à La Fabrique.
À la fin du mois, du 27 au 30 avril, le public familial pourra découvrir J’étais parti·e, pardon (dans un autre univers).
La Comédie terminera la saison avec le cirque
Les élèves de L’École de La Comédie retrouveront le public en juin avec Le Chantier des imaginaires, programmé du 16 au 19 juin.
La saison s’achèvera les 23 et 24 juin 2027 avec À fleur de peau, proposé par le Cirque Aïtal.
Une conclusion qui résume assez bien l’esprit de cette programmation 2026-2027 : le théâtre reste le cœur de La Comédie de Saint-Étienne, mais ses frontières sont largement ouvertes à la danse, au cirque, aux écritures documentaires et à des formes hybrides.
Une Comédie qui veut rester ouverte à tous les publics
Au-delà des spectacles, La Comédie poursuit ses actions auprès des habitants, des établissements scolaires et des différents publics du territoire.
Les représentations familiales occupent une place importante dans la saison, tout comme les rencontres avec les artistes et les projets conduits avec L’École de La Comédie.
Le Centre dramatique national poursuit également son travail de création et de diffusion. Plusieurs spectacles produits ou coproduits à Saint-Étienne partiront ensuite en tournée en France et à l’étranger.
Avec Molière, Racine et Tchekhov d’un côté, des créations consacrées au désir, à la ville, aux transformations sociales ou à nos nouveaux imaginaires de l’autre, La Comédie de Saint-Étienne construit pour 2026-2027 une saison où le patrimoine théâtral sert moins à regarder dans le rétroviseur qu’à interroger le présent.

