Le calendrier a offert une longue pause aux Stéphanois. Ils reprennent la Ligue 2 en position de force, avec le costume de leader à défendre dans leur Chaudron. En face, Rodez n’a rien d’un adversaire de second plan : sa saison alterne le meilleur et le pire, et ses matchs sont rarement fermés.
Rodez, un début de saison en dents de scie
Le Rodez Aveyron Football a connu un départ très irrégulier. Victorieux de Laval (3-1), il s’est incliné à Annecy (2-0) avant de signer un coup d’éclat à Nantes (5-2). Un match nul à Pau (2-2) a ensuite précédé trois revers de rang, contre Metz (4-1), Grenoble (1-0) et Nancy (4-3).
Au bout de sept journées, la formation de Didier Santini totalise sept points, pour 14 buts marqués et 16 encaissés. La trêve lui a permis de souffler. Les Ruthénois ont battu l’Inter Club d’Escaldes (2-0) en match amical samedi dernier, une rencontre marquée par le retour du gardien Quentin Braat, absent depuis une blessure survenue en août.
Un jeu bâti sur les côtés et les centres
Fidèle à son 5-3-2, avec une défense à trois et des pistons très sollicités, Rodez affiche une identité tranchée. Les données DataScout’, qui comparent chaque équipe au reste de la Ligue 2 sur une échelle où 100 est le maximum, le confirment. Le RAF atteint 100 pour les centres, 92 pour la présence dans la surface, 88 pour le volume de tirs et 83 pour le jeu long.
L’équipe se passe volontiers du ballon : sa possession ne dépasse pas 38, mais sa verticalité grimpe à 77. Le plan consiste à progresser vite, à s’appuyer sur les couloirs et à garnir la zone de finition. Cette philosophie nourrit son attaque, mais elle explique aussi des rencontres souvent débridées.
La défense, point faible numéro un
Avec 16 buts encaissés, Rodez possède la défense la plus perméable du championnat. L’imperméabilité tombe à 11, le contrôle défensif à 17 et l’anticipation à 15. Le pressing, à 19, reste timide, alors que le bloc bas ressort à 78.
Le paradoxe est frappant : l’équipe dépense beaucoup d’énergie, mais gagne peu de duels, avec un indice de 26 seulement. Une ASSE capable de s’installer dans le camp adverse et de faire circuler vite le ballon pour étirer le bloc ruthénois trouvera des espaces. Les hommes d’Ian Cathro devraient d’ailleurs avoir la maîtrise du jeu.
Sans Baldé, un secteur offensif à reconstruire
Ces statistiques demandent une nuance de taille. Ibrahima Baldé a signé cinq des quatorze buts de Rodez en quatre matchs, avant de rejoindre Lorient le 1er septembre. Il partait en tant que meilleur buteur de l’histoire du club en Ligue 2.
Santini doit désormais s’appuyer sur Nachon Nsingi, Mathis Touho ou Kenny Nagera. Le danger vient aussi de l’arrière : Raphaël Lipinski, déjà passeur à trois reprises et buteur une fois, est le meilleur passeur du club et un relais constant dans la construction. À gauche, Evan’s Jean-Lambert incarne le projet ruthénois, avec quatre grosses occasions créées et des chiffres élevés en passes clés et dribbles réussis. Ryan Ponti apporte lui aussi beaucoup de volume sur le flanc.
L’enjeu : maîtriser les transitions
Rodez ne viendra pas dans le Chaudron pour subir. Il cédera le ballon, mais cherchera aussitôt la verticalité, les côtés et la surface. Pour l’ASSE, il faudra donc contrôler les transitions sans se désorganiser, tout en exploitant les failles d’une défense qui encaisse plus de deux buts par match.

