Close up of water falling on transparent water surface
La première alerte concernait le syndicat de la Bombarde, dont les prélèvements ont dû être réduits de 400 m³ par jour dans un délai de quinze jours. Il a fallu trouver ailleurs ces volumes, et vite. La solidarité entre structures a joué, notamment avec la communauté de communes de Forez-Est, grâce à un point d’accès aux réseaux situé près de Balbigny. Des travaux d’envergure ont par ailleurs permis de relier le réseau de Marcilly-le-Châtel à l’eau du canal du Forez, à hauteur de Pralong.
Nappe de l’Anzon en baisse : un pipeline provisoire de 2 kilomètres depuis Trelins
À Boën-sur-Lignon, l’alimentation repose aussi sur des pompages dans la nappe de l’Anzon. Son niveau, en forte baisse, a déclenché la seconde alerte. Les équipes ont donc improvisé une conduite d’environ deux kilomètres, qui part de Trelins, où circule l’eau du canal du Forez gérée par l’ASA des Monts du Soir, et rejoint la station mobile, posée près de l’ancien camping municipal.
Floculation, décantation, filtration : comment fonctionne la station mobile
L’unité s’organise en trois chambres successives :
- la floculation, qui regroupe les particules en suspension pour les alourdir ;
- la décantation, qui les fait se déposer ;
- la filtration, qui achève la purification de l’eau.
Elle peut traiter et stocker jusqu’à 240 m³ d’eau par jour. Cette production est réinjectée dans le réseau de la commune et pourra, si nécessaire, être acheminée vers les treize anciennes communes du syndicat de la Bombarde.
Un budget d’urgence de 90 000 euros HT
La station est louée à Veolia. Avec les travaux de raccordement, la facture imprévue atteint 90 000 euros hors taxes. La location court jusqu’à la fin de l’année, le temps que la nappe se reconstitue. Les élus soulignent que la mutualisation des moyens à l’échelle des 84 communes de l’agglomération a rendu possible une réaction aussi rapide, hors de portée de communes isolées.
Après l’urgence, quelles solutions durables pour l’eau potable ?
Reste la question de l’avenir, alors que les étés secs pourraient devenir la norme. LFA mise sur la cartographie des réseaux réalisée ces dernières années pour bâtir un plan d’interconnexions d’ici la fin du mandat. Un accord de territoire avec l’agence de l’eau Loire-Bretagne est également en préparation pour 2028 : il porterait sur un programme d’investissement d’environ 7 millions d’euros, financé à 52 % par l’agence. Il prévoit à terme la construction d’une station pérenne pour le secteur boënnais.
Ces investissements devront s’accompagner d’un effort collectif de sobriété, les élus jugeant que le changement climatique avance plus vite que les capacités d’adaptation du territoire.

